Vrai ou faux ? Six idées reçues sur le cancer décryptées par des médecins

Les chimiothérapies sont de plus en plus proposées en comprimés et pourraient même représenter la moitié des traitements en 2020.
Les chimiothérapies sont de plus en plus proposées en comprimés et pourraient même représenter la moitié des traitements en 2020. - © RGtimeline / IStock.com

Faut-il manger de la viande rouge ? Jeûner ? Les déodorants sont-ils dangereux ?

 

- Arrêter de fumer : meilleure façon de réduire les risques

VRAI. Le tabac tue en France 73.000 personnes par an, "soit autant que l'alcool, la route, le sida, les suicides, homicides et drogues illicites réunis". Le tabac est donc "le premier facteur de risque évitable de mortalité" tout court, souligne l'Institut de cancérologie des HCL. Fumer accentue le risque de cancer du poumon mais aussi au niveau ORL, de la vessie, du pancréas, de l'estomac, du col de l'utérus, des ovaires, du sein. Lors du traitement, un fumeur présente un risque d'infection et après une opération, il cicatrisera moins bien, relève Marion Cortet, gynécologue-obstétricienne.

 

- Jeûner ou certains régimes peuvent aider à guérir

FAUX. Certains malades jeûnent, pensant ainsi améliorer leur tolérance à la chimiothérapie; d'autres se privent de viande rouge ou pratiquent la diète cétogène (plus de gras et moins de sucre). Mais il n'y a pas, en l'état, de preuve scientifique d'un éventuel effet curatif ou protecteur, avec des études aux résultats contradictoires. Au contraire, la perte de poids et de masse musculaire peuvent aggraver les choses. Les professionnels notent un "engouement très fort" et comprennent le besoin de se sentir acteur de sa guérison, mais appellent à "rester extrêmement prudents". Leur mot d'ordre: avoir un régime équilibré, avant et après le traitement.

 

- On peut soigner un cancer avec de simples comprimés

VRAI. Les chimiothérapies sont de plus en plus proposées en comprimés et pourraient même représenter la moitié des traitements en 2020. Les avantages : plus d'intraveineuse ni de déplacement à l'hôpital pour le patient et un coût de prise en charge réduit, remarque Benoît You, professeur en oncologie. Plus généralement, la "thérapie ciblée" se développe. Elle agit sur des anomalies présentes sur les cellules cancéreuses de certains patients. Souvent proposée dans le cadre d'essais cliniques, elle permet une prise en charge plus personnalisée et non de la dernière chance, selon le médecin.

 

- Manger trop gras et trop sucré peut favoriser le développement d'un cancer

VRAI. Aux États-Unis, près de la moitié (49%) des cancers de l'utérus sont liés à l'obésité, relève Claire Falandry, professeure en onco-gériatrie, qui conseille une activité physique régulière. "Notre vie quotidienne nous expose aussi à des risques environnementaux" comme les pesticides ou le diesel, poursuit le Pr You. Ces professionnels sont plus "prudents" en revanche sur les dangers d'une casserole abîmée ou de l'aluminium passé au four...

 

- Porter un soutien-gorge ou se mettre du déodorant peut favoriser le cancer du sein

FAUX. Aucune étude n'a montré un lien entre l'utilisation du déodorant aux sels d'aluminium et le cancer du sein. Même chose pour le port du soutien-gorge ou du boxer pour les hommes.