VIH/Sida : les jeunes de 15-24 ans encore trop peu informés

VIH/Sida : les jeunes de 15-24 ans encore trop peu informés
VIH/Sida : les jeunes de 15-24 ans encore trop peu informés - © Jasmin Merdan - Getty Images

Selon un sondage réalisé en février et dévoilé ce mercredi, les jeunes restent mal informés sur le VIH et le sida, et les idées reçues sur le sujet ont la vie dure.

A titre d'exemple, 15% des personnes interrogées pensent que le virus du sida peut se transmettre en se rendant dans des toilettes publiques...

Sidaction (France) dévoile les résultats d'un sondage Ifop-Bilendi, qui démontre la dégradation inquiétante du niveau d'information des jeunes sur le VIH et le sida. 

Selon l'enquête réalisée sur 1003 jeunes de 15-24 ans, 74% se considèrent "bien informés" sur le VIH. Or, c'est le chiffre le plus bas obtenu en dix ans de sondages réalisés sur le sujet, souligne Florence Thune, directrice générale de Sidaction. 

Réalisée en février 2020, l'enquête révèle par ailleurs certains points inquiétants, notamment en termes d'idées reçues vis-à-vis du VIH : 15% des personnes interrogées pensent par exemple que le virus du sida peut se transmettre en s'asseyant sur des toilettes publiques ou que la prise d'une pilule contraceptive d'urgence est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida. Plus surprenant encore : 29% considèrent qu'il existe des médicaments pour guérir du sida

"On remarque également des données paradoxales concernant le port du préservatif : les jeunes le pensent efficace, mais ont quand même peur de l'utiliser avec une personne séropositive. Ces fausses idées sur la transmission du VIH continuent de se propager et ne diminuent pas", explique Florence Thune à ETX Studio.

Les jeunes ont moins peur qu'avant d'attraper le Sida

Cette mésinformation chez les jeunes interrogés pourrait s'expliquer par une inquiétude moindre dans le fait de contracter le virus. Près d'un sondé sur trois (32%) considère en effet avoir "moins de risques" que les autres d'être infectés, soit un chiffre en hausse de 10 points par rapport à 2009.

"Ils souffrent du syndrome du super-héros : ils se sentent invincibles face au virus du sida. Cela peut s'expliquer par la raréfaction du VIH/sida dans l'espace médiatique et l'insuffisance de l'information auprès des jeunes. Cela pourrait s'aggraver avec l'omniprésence du coronavirus dans les médias actuellement", estime Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

Un relâchement sur l'usage du préservatif après le confinement

Le contexte particulier du Covid-19 préoccupe également les représentants de Sidaction, qui craignent un "relâchement" depuis le déconfinement et l'arrivée imminente des vacances d'été. "C'est le moment ou jamais d'aller se faire dépister, car les campagnes de prévention se sont arrêtées pendant deux ou trois mois, pendant le confinement", appuie Florence Thune. 

"Même s'il est important de rappeler aux gens qu'ils peuvent décompresser et prendre du plaisir, il est important de les sensibiliser à l'importance de se protéger et de protéger les autres, tout comme on le fait avec le port du masque pour le Covid-19", ajoute-t-elle. 

Un point positif ressort tout de même de ce sondage : 27% des 15-24 ans déclarent s'être fait dépister au cours de l'année, ce qui représente une évolution de 5 points en un an.