Une puberté précoce pourrait augmenter le risque de diabète de type 2 chez les hommes

Une puberté précoce pourrait augmenter le risque de diabète de type 2 chez les hommes.
Une puberté précoce pourrait augmenter le risque de diabète de type 2 chez les hommes. - © Maskot - Getty Images/Maskot

Les garçons qui démarrent tôt leur puberté pourraient être plus à risque de développer du diabète sucré à l'âge adulte, à en croire une nouvelle étude européenne.

Des chercheurs de l'hôpital universitaire de Sahlgrenska en Suède ont consulté les registres médicaux de 30.697 hommes dont l'indice de masse corporelle (IMC) avait été consigné à l'âge de huit ans puis à celui de vingt ans dans le cadre d'une autre étude.

La survenue de la puberté avait aussi été calculée au cours de l'étude en utilisant l'âge du pic de vélocité de croissance (PVC), qui est le moment où l'on note un pic de croissance rapide environ deux années après le début de la puberté. 

2 fois plus de risques de diabète précoce

Leurs résultats, publiés dans la revue Diabetologia, ont montré que l'âge moyen de la puberté masculine était 14 ans.

Les garçons dont la puberté démarrait plus tôt, entre 9,3 et 13,4 ans (le groupe le plus jeune de l'étude), étaient deux fois plus susceptibles de développer un diabète de type 2 précoce à l'âge adulte, c'est-à-dire avant l'âge de 57 ans.

L'équipe a aussi trouvé que les sujets du groupe le plus jeune enregistraient un risque accru de 27% de diabète de type 2 tardif, c'est-à-dire après 57 ans, bien que le risque ne soit pas aussi fort que pour le groupe de diabète précoce. Les hommes dont la puberté s'était produite plus tôt et qui avaient développé un diabète sucré étaient aussi plus enclins à recourir à une insulinothérapie. 

Surveiller le poids dès l'enfance

"Nos résultats ont montré qu'une puberté précoce pouvait être un nouveau facteur de risque indépendant du diabète de type 2 chez les hommes", note la chercheuse Jenny Kindblom. "Etant donné le risque apparent plus élevé chez les garçons qui démarrent leur puberté avant l'âge moyen de 14 ans, nous estimons que 15% de moins d'hommes qui ont été diagnostiqués au cours de l'étude auraient développé un diabète de type 2 s'ils n'avaient pas démarré leur puberté précocement."

"Il est possible que le fait de démarrer sa puberté jeune puisse entraîner une accumulation excessive de graisse abdominale, ce qui en retour, augmente les facteurs de risques cardiométaboliques: tension artérielle élevée, diabète et niveaux anormaux de lipides."

"Ces résultats renforcent l'idée qu'une puberté précoce fait partie d'une trajectoire défavorable au cours de l'enfance et de l'adolescence, et qu'un IMC plus élevé à la fois avant et après la puberté y contribue. Un suivi continu du développement de la taille et du poids au cours de l'enfance mais aussi de l'adolescence est important et pourrait aider à identifier les individus qui affichent un risque accru", explique le professeur Kindblom.