Un vaccin pour protéger les femmes enceintes du paludisme en cours de développement

Un vaccin pour protéger les femmes enceintes du paludisme en cours de développement.
Un vaccin pour protéger les femmes enceintes du paludisme en cours de développement. - © Hill Street Studios - Getty Images

Des chercheurs français de l'Inserm et de l'université de Paris ont mis au point un vaccin pour protéger les femmes enceintes et leur enfant à naître du paludisme. Les premiers résultats de l'essai clinique laissent présager une protection effective pouvant s'étendre sur plusieurs mois.

400.000 décès par an

En Asie, en Afrique et dans les Amériques, le paludisme, maladie infectieuse transmise par l'espèce de moustique Anopheles, est endémique. Au total, 89 pays du monde sont touchés par cette maladie, responsable de 400.000 décès par an, d'après les estimations de l'Organisation mondiale de la Santé.

Particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et leur futur enfant, le paludisme est associé à une augmentation de morts néonatales, notamment dans les pays d'Afrique subsaharienne.

Afin de mieux protéger les populations à risque, une équipe de chercheurs de l'Inserm et de l'université de Paris développe actuellement un vaccin en collaboration avec l'Institut national de transfusion sanguine (Paris).

Une réponse immunitaire durable

Les premiers résultats d'un essai clinique sont disponibles. Ce projet, baptisé PRIMVAC, vise à évaluer l'efficacité du vaccin sur une période de 15 mois en le testant sur 68 femmes non enceintes âgées de 18 à 35 ans, à Paris, puis au Burkina Faso. Les participantes ont été réparties en quatre cohortes. Chacune des patientes a reçu le vaccin à différentes doses, à trois reprises sur une période de trois mois.

La quantité d'anticorps générés par le vaccin augmente après chaque vaccination et ceux-ci persistent pendant plusieurs mois.

Le vaccin est bien toléré, à toutes les doses testées. Les effets indésirables relevés concernent principalement des douleurs au site d'injection, explique dans un communiqué Benoît Gamain, chercheur au CNRS.

Les chercheurs confirment la capacité du vaccin à produire une réponse immunitaire, avec une production d'anticorps chez 100% des femmes vaccinées après seulement deux injections.

Protéger avant la grossesse

L'étape suivante consistera à réaliser d'autres essais cliniques afin d'étudier à plus long terme la réponse immunitaire du vaccin et l'efficacité de sa protection.

Les scientifiques souhaitent également suivre les 50 femmes du Burkina Faso qui ont participé à l'étude afin de déterminer si la couverture vaccinale s'avère effective jusqu'à leur première grossesse.

"Développer un vaccin efficace à destination des jeunes femmes avant leur première grossesse est une priorité afin de réduire la mortalité liée au paludisme. La stratégie vaccinale efficace pourrait cibler une population similaire à celle ciblée par la vaccination HPV (papillomavirus) par exemple, avant le premier rapport sexuel", estime Benoît Gamain, directeur du projet, dont les résultats ont été publiés dans le journal The Lancet Infectious Diseases.