Un lien supposé entre le rhume des foins et une anxiété amplifiée chez les ados

 

L'allergologue Michael Blaiss, de la faculté de médecine de Géorgie à l'Université d'Augusta, s'est associé à des chercheurs du Royaume-Uni et du Danemark pour décortiquer 25 études consacrées aux effets du rhume des foins (rhinite allergique) et du rhume des foins associé à des allergies de l'oeil (rhino-conjonctivite allergique) chez des adolescents âgés de 10 à 17 ans.

L'équipe a évalué les symptômes de ces deux allergies et leurs conséquences sur la qualité de vie, les activités quotidiennes, le sommeil, les performances scolaires, ainsi que leur rapport avec l'absentéisme et les contraintes de traitement.

 

Ils ont constaté que la rhinorrhée, la congestion nasale et les démangeaisons oculaires étaient les symptômes les plus gênants pour les participants. Les ados souffrant de rhume des foins considèrent que leur qualité de vie est dégradée par rapport à celles des autres, le quotidien et le sommeil étant principalement concernés.

Le rhume des foins influerait sur l'absentéisme, la productivité et les résultats scolaires.

Le rhume des foins occasionnant des allergies oculaires aurait des conséquences néfastes sur plusieurs aspects de la vie quotidienne, notamment la conduite et la lecture. L'équipe note aussi des répercussions négatives sur le fonctionnement psychosocial des adolescents.

Les allergies oculaires réduisent aussi encore davantage la qualité de vie de ceux qui souffrent de rhume des foins, ajoutent les chercheurs.

 

Si les allergies affectent plus de 50 millions d'Américains, elles peuvent être considérées comme des problèmes de santé bénins. Or les adolescents seraient particulièrement vulnérables face à ces allergies car les symptômes gênent des activités importantes, comme l'apprentissage de la conduite, souvent à un moment crucial de leur parcours scolaire.

"Le poids émotionnel du rhume des foins chez les adolescents peut totalement les dépasser", explique Michael Blaiss. "Trois des études examinées portent sur la manière dont les adolescents sont émotionnellement affectés par le rhume des foins et par les allergies oculaires. Elles montrent que les adolescents qui en souffrent sont plus sujets à l'anxiété et à la dépression, qu'ils sont moins résistants au stress. Ces adolescents se montrent également plus hostiles, impulsifs et indécis."

 

"Les adolescents ne sont ni de grands enfants ni de petits adultes", poursuit le chercheur. "Ils ont des besoins très spécifiques et les allergologues peuvent soulager des symptômes parfois douloureux.

"L'adolescence est une période charnière de développement. Le contrôle des symptômes peut donc favoriser l'accomplissement d'activités quotidiennes comme les devoirs et le sport."

 

Les résultats ont été publiés (en anglais) dans Annals of Allergè, Asthma & Immunology la revue scientifique de l'Académie américaine d'allergie, d'asthme et d'immunologie (ACAAI).