Un composant naturel du thé vert pourrait aider à combattre l'antibiorésistance

Un composant naturel du thé vert pourrait aider à combattre l'antibiorésistance.
Un composant naturel du thé vert pourrait aider à combattre l'antibiorésistance. - © taa22 - Getty Images/iStockphoto

Des scientifiques de l'université de Surrey (Angleterre) ont réalisé des tests en laboratoire et ont constaté qu'un composant naturel du thé vert pouvait, combiné à un antibiotique autorisé sur le marché, aider à combattre l'antibiorésistance.

 

Les recherches ont porté sur la combinaison de l'épigallocatéchine (EGCG), un polyphénol extrait des feuilles de thé vert, et l'aztréonam, un antibiotique couramment utilisé pour traiter les infections causées par Pseudomonas aeruginosa.

Cette bactérie est responsable de graves infections (voire mortelles) et résistante à de nombreuses classes importantes d'antibiotiques.

L'étude décrit des tests réalisés en laboratoire afin de déterminer comment l'EGCG et de l'aztréonam interagissaient avec P. aeruginosa, individuellement et en combinaison.

 

Les scientifiques ont constaté que la combinaison d'aztréonam et d'EGCG était beaucoup plus efficace pour réduire le nombre de P. aeruginosa. Une série de tests a ensuite été effectuée sur des chenilles, ainsi que dans des cellules cutanées humaines. Là encore, les taux de survie étant significativement plus élevés chez les sujets traités par combinaison des deux éléments que chez ceux traités par EGCG ou aztréonam seul.

Pour expliquer ce phénomène, les scientifiques supposent que l'action de l'EGCG pourrait faciliter l'absorption accrue de l'aztréonam en augmentant la perméabilité des bactéries.

Les chercheurs y voient l'opportunité de fournir une nouvelle piste pour contrer le fléau sanitaire que représente la résistance aux antibiotiques.

"Il est urgent de développer de nouveaux antibiotiques dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Les produits naturels tels que l'EGCG, utilisés en combinaison avec des antibiotiques actuellement autorisés, peuvent être un moyen d'améliorer leur efficacité et leur durée de vie cliniquement utile", souligne le Dr Jonathan Betts, chercheur principal à l'École de médecine vétérinaire de l'Université de Surrey et auteur principal de l'étude, publiée dans le Journal of Medical Microbiology.