Trop de vitamines B6 et B12 aggrave le risque de cancer du poumon chez l'homme

Ce type de complément alimentaire vitaminique était jusqu'ici considéré comme bénéfique pour lutter contre le risque de cancer, et pour la santé en général.

 

Conduites par des chercheurs du Comprehensive Cancer Center de l'université d'État de l'Ohio, du Richard J. Solove Research Institute (OSUCCC), du Fred Hutchinson Cancer Research Center et de l'université nationale de Taïwan, ces recherches représentent la première étude prospective et observationnelle à se pencher sur les effets d'une consommation élevée, à long terme, de compléments vitaminiques B6 et B12 sur le risque de cancer du poumon.

 

Les scientifiques ont analysé des données concernant 77.118 personnes âgées de 50 à 76 ans, enrôlées dans l'étude de cohorte VITAL ("Vitamins and Lifestyle"), dont le but est d'évaluer les risques potentiels des compléments en vitamines et en minéraux sur le risque de cancer. Au début de l'étude, les participants devaient déclarer quelle avait été leur consommation de vitamines B au cours de la décennie écoulée, en particulier les doses prises - un détail crucial, mais souvent ignoré.

 

Après avoir utilisé des techniques statistiques prenant en compte les autres facteurs de risque (tabagisme, âge, origine ethnique, niveau d'éducation, corpulence, consommation d'alcool, histoire familiale de cancer ou de maladie chronique du poumon, consommation d'anti-inflammatoires), l'équipe a constaté que de fortes doses de vitamines B6 et B12 étaient associées à un risque de cancer du poumon multiplié par deux à quatre chez les hommes par rapport à la population masculine non consommatrice de compléments. Ce risque était multiplié par trois pour les fumeurs ayant consommé plus de 20 mg de vitamine B6 tous les jours pendant dix ans, et par quatre pour les fumeurs ayant consommé plus de 55 mg de vitamine B12 au même rythme et pendant la même durée.

 

Theodore Brasky, de l'OSUCCC, souligne cependant que ces résultats concernent des doses de compléments vitaminiques B largement plus élevées que celles représentées par la prise quotidienne d'un complexe de vitamines et de minéraux pendant dix ans.

 

Les chercheurs sont actuellement en train de mener deux autres études, pour déterminer notamment s'il existe un lien similaire chez les femmes ménopausées. L'état de la recherche suggère qu'il n'existe pas d'aggravation du risque chez les femmes.

 

Les résultats de l'étude sont publiés (en anglais) sur le site du Journal of Clinical Oncology.