Thanksgiving et coronavirus : les célébrations en famille priment sur la propagation du Covid

Thanksgiving et coronavirus : les célébrations en famille priment sur la propagation du Covid.
Thanksgiving et coronavirus : les célébrations en famille priment sur la propagation du Covid. - © skynesher - Getty Images

Malgré les demandes répétées des responsables de la santé publique de limiter les rassemblements pour ralentir la propagation de l'épidémie, les Américains prévoient de se réunir en famille pour célébrer Thanksgiving.

D'après un sondage national, les traditions de Thanksgiving seront privilégiées au risque de voir exploser le nombre de cas, même si la plupart des Américains prévoient de prendre des précautions sanitaires.

6 familles américaines sur 10 ne renonceront pas à la tradition

Le sondage, qui s'est intéressé aux parents d'au moins un enfant âgé jusqu'à 12 ans, révèle que les bénéfices de ce rassemblement familial saisonnier valent le risque d'attraper ou de propager le Covid-19 pour un répondant sur trois, tandis que 61% des parents dont les enfants fêtent généralement Thanksgiving en famille n'ont pas l'intention de sacrifier ces réunions familiales physiques.

Ces retrouvailles semblent d'ailleurs plus que nécessaires pour la moitié des parents interrogés, pour lesquels la pandémie a déjà trop impacté le temps passé par leurs enfants avec les grands-parents, les tantes, les oncles ou les cousins.

Comment concilier convivialité et respect des gestes barrières ?

Les Américains prévoient malgré tout de prendre un maximum de précautions pour limiter la transmission du virus parmi leurs invités. Le plan de table, généralement assez simple à définir, pourrait cette semaine devenir un véritable casse-tête pour les hôtes de la soirée.

Les trois quarts des parents (76%) prévoient d'ores et déjà de limiter les contacts entre leurs enfants et les invités à haut risque comme les grands-parents ou ceux qui souffrent de problèmes de santé. Et plus des deux tiers (68%) demanderont aux invités présents de maintenir autant que possible une certaine distanciation sociale. Une chose difficilement tenable pour les enfants les plus jeunes, davantage encore s'ils n'ont pas vu leurs grands-parents depuis longtemps. 

"Les parents devraient être réalistes quant à la possibilité de limiter les contacts et réfléchir soigneusement au fait d'organiser un rassemblement familial avec des personnes à haut risque", souligne Sarah Clark, l'une des coordinatrices du sondage.

Autre possibilité, blacklister les membres de la famille les moins assidus depuis le début de la crise sanitaire. Une écrasante majorité de parents (88%) feront un point avec les invités avant la célébration de Thanksgiving et n'inviteront pas celles et ceux qui ont été exposés au Covid-19 ou présentent des symptômes et 64% excluront ceux qui n'ont pas respecté les mesures sanitaires comme le port du masque. Il va falloir beaucoup de patience et d'organisation pour démêler le vrai du faux dans un pays où les réglementations varient d'un Etat à un autre.

Privilégier le virtuel et briefer les enfants en amont

Sarah Clark préconise avant toute chose de privilégier le virtuel, notamment avec les personnes habitant dans d'autres Etats ou les membres les plus vulnérables de la famille. Cela pourrait notamment se concrétiser par la réalisation de la traditionnelle tarte à la citrouille en visio avec l'aide virtuelle des grands-parents ou par l'organisation d'une réunion virtuelle avec les membres de la famille pour partager des histoires et des souvenirs avant le repas.

Les parents qui ne renonceront pas aux rassemblements familiaux sont conviés à parler de l'organisation de la journée et de la soirée avec leurs enfants, en leur rappelant notamment que les distances sociales doivent être respectées et qu'il est important de porter un masque autant que possible. Les scientifiques appellent également les parents à privilégier l'extérieur pour leurs enfants et à renoncer aux chants de Thanksgiving, qui pourraient faciliter la propagation du virus.

La célébration de Thanksgiving au Canada au mois d'octobre a fait couler beaucoup d'encre ces dernières semaines. Une augmentation du nombre de cas a été observée dans le pays deux semaines après la fête traditionnelle. C'est d'ailleurs l'exemple pris par le ministre français de la Santé Olivier Véran pour argumenter le fait qu'il ne pouvait promettre que les Français seraient rassemblés partout dans l'Hexagone à l'occasion des fêtes de fin d'année.