Surplus de graisse abdominale et risque de démence pourraient être liés

Une étude britannique a trouvé un lien entre un tour de taille excessif et un volume cérébral réduit.
Une étude britannique a trouvé un lien entre un tour de taille excessif et un volume cérébral réduit. - © Oktay Ortakcioglu/Istock.com

Des nouvelles recherches britanniques ont montré qu'un excès de graisse abdominale pouvait être lié à une taille de cerveau plus réduite, ce qui pourrait dénoter un risque plus élevé de démence.

 

Cette étude, menée par des chercheurs de l'Université de Loughborough au Royaume-Uni, a suivi 9.652 adultes âgés en moyenne de 55 ans, et a recouru à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour mesurer les volumes cérébraux (de substances blanche et grise).

Pour envisager les effets possibles du surpoids sur le volume cérébral, les chercheurs ont déterminé l'obésité des participants en mesurant leur indice de masse corporelle (IMC). Les personnes qui affichaient un IMC au-delà de 30 étaient considérées comme obèses.

Ils ont ensuite mesuré le rapport taille/hanches des participants, déterminé en divisant la circonférence de la taille par celle des hanches. Les personnes qui avaient un ventre plus proéminent que les hanches enregistraient un rapport plus élevé, les hommes affichant un rapport au-delà de 0.90 et les femmes de 0.85 étaient considérés obèses du ventre.

 

Leurs résultats, relayés par la revue Neurology, ont montré qu'après avoir ajusté les résultats pouvant affecter le volume cérébral, comme l'âge, l'activité physique, le tabac et l'hypertension, les participants qui affichaient un fort IMC avaient un volume de matière grise légèrement réduit par rapport à ceux qui avaient un IMC normal.

En revanche, ceux qui affichaient à la fois un IMC et un rapport taille/hanches élevés enregistraient un volume de matière grise encore plus abaissé que les personnes qui n'avaient pas un rapport taille/hanches élevé.

Mais ils n'ont pas trouvé de différences significatives dans les volumes de substance blanche.

 

"Des recherches existantes ont relié le rétrécissement du cerveau au déclin de la mémoire et à un risque accru de démence, mais les recherches sur les effets protecteurs ou nocifs du surplus de graisse sur la taille du cerveau étaient peu concluantes", a commenté l'auteur de l'étude Mark Hamer.

"Nos recherches se sont intéressées à un vaste groupe de personnes et ont trouvé que l'obésité, surtout au niveau de la taille, pouvait être liée au rétrécissement cérébral."

 

La substance grise contient la plupart des cellules nerveuses du cortex cérébral et comprend des zones cérébrales en charge du contrôle de soi, des muscles et de la perception sensorielle. La substance blanche, située en dessous de la matière grise, permet de connecter les différentes régions du cerveau.

"Alors que notre étude a montré que l'obésité, surtout au niveau de la taille, était associée à des volumes plus faibles de matière grise, il n'est pas évident de savoir si les anomalies de structure cérébrale mènent à l'obésité ou si l'obésité mène à ces changements au niveau du cerveau", a précisé le professeur Hamer. "Nous avons aussi trouvé des liens entre l'obésité et le rétrécissement de régions spécifiques du cerveau. De plus amples recherches seront nécessaires mais il est possible qu'un jour, le fait de régulièrement mesurer l'IMC et le rapport taille/hanches puisse aider à déterminer la santé cérébrale."