Sida: de nouvelles pistes pour faciliter la vie des patients et la prévention

VIH/sida: de nouvelles pistes pour faciliter la vie des patients et la prévention
VIH/sida: de nouvelles pistes pour faciliter la vie des patients et la prévention - © malerapaso - Getty Images/iStockphoto

Moins de comprimés pour traiter le VIH, un implant efficace un an pour éviter une contamination... La conférence scientifique sur le sida (IAS) a été l'occasion de présenter plusieurs améliorations pour la vie des patients et la prévention chez les personnes à risque.

 

Bientôt un implant anti-VIH efficace un an?

Depuis quelques années, la notion de traitement préventif, ou prophylaxie pré-exposition (PrEP), a révolutionné la prévention contre le virus du sida.

Proposée en priorité aux populations à risque, telles que les homosexuels ayant des rapports non protégés ou les prostitué(e)s, la prise d'un médicament antirétroviral pour éviter d'être contaminé a prouvé son efficacité mais reste contraignante.

 

A l'avenir, on pourra peut-être obtenir le même résultat sans prendre de traitement en continu ou avant chaque rapport à risque (PrEP "à la demande"), grâce à un implant à "action prolongée".

Le premier essai chez l'homme, qualifié par l'IAS de "préliminaire mais prometteur", a établi après 12 semaines d'utilisation qu'il était bien toléré par les 16 participants et qu'il délivrait bien la dose prévue de médicament.

Selon son auteur, l'implant pourrait continuer à diffuser une dose suffisante pendant "au moins un an".

De nouvelles études devront encore être réalisées pour montrer si cet implant offre bien le même niveau de protection contre le VIH que la prise orale de médicament.

Un tel implant "pourrait représenter une solution prometteuse pour ceux qui ont du mal à se conformer à un traitement quotidien", a commenté Anton Pozniak, président de l'IAS.

 

La conférence a aussi été l'occasion de présenter une nouvelle étude sur l'acceptation et l'efficacité de la PrEP par anneau intravaginal, qui diffuse un médicament antirétroviral, le dapivirine, pendant un mois.

"On est en train de créer de nouveaux outils qui s'adaptent aux réalités vécues par les populations", a salué Anton Pozniak.

 

Des comprimés un jour sur deux?

De nombreux projets cherchent aussi à alléger le quotidien des patients séropositifs et à réduire le coût de leur traitement tout en maintenant le virus en sommeil.

Les injections d'antirétroviraux devraient ainsi permettre dès 2020 de remplacer les comprimés quotidiens par une piqûre toutes les semaines.

Une autre piste présentée à l'IAS consiste à ne pas prendre la trithérapie tous les jours mais 1 jour sur 2, voire moins.

L'étude française Quatuor, menée par l'Agence nationale de recherche contre le sida (ANRS), montrera si la prise de comprimés 4 jours sur 7 permet de conserver le même niveau d'efficacité.

La réduction de la "charge médicamenteuse" des personnes porteuses du VIH pourrait aussi passer par le passage à 2 molécules (bithérapie) plutôt que 3. Deux études également dévoilées mercredi à Mexico ont cherché à établir la sûreté et l'efficacité d'un tel régime.

 

De nouvelles données rassurantes sur un médicament innovant

De nouvelles données ont été présentées concernant l'utilisation de l'antirétroviral dolutegravir (DTG) chez les femmes enceintes et en âge de procréer.

Ce médicament, commercialisé par ViiV Healthcare (groupe GSK) sous le nom Tivicay et sous formes génériques, était sur la sellette depuis l'an dernier, après la publication d'une étude au Botswana mettant en évidence des risques de malformations du cerveau et de la moelle épinière chez les enfants de femmes traitées avec cette molécule (4 cas sur 426 grossesses).

 

Ces résultats avaient provoqué un dilemme car le DTG est l'un des meilleurs traitements contre le VIH actuellement sur le marché, plus efficace et plus simple à utiliser que d'autres médicaments, provoquant moins d'effets secondaires et moins susceptible d'entraîner le développement de résistances.

Les études complémentaires présentées cette semaine tendent à montrer que le risque de malformations est finalement "moins élevé que signalé l'an dernier", note l'IAS, avec 3 naissances pour 1.000 au Botswana (contre une pour 1.000 avec d'autres médicaments) et aucune dans une étude menée au Brésil.

 

Sur cette base, l'OMS "recommande fortement le dolutegravir comme choix de traitement préféré contre le VIH", y compris chez les femmes en âge de procréer, "en raison des énormes bénéfices qu'il apporte".

L'organisme international souligne dans le même temps l'importance d'informer les femmes des risques et de leur donner accès aux services de planification familiale.