Sclérose en plaques : pourquoi l'activité physique est essentielle

Sclérose en plaques : pourquoi l'activité physique est essentielle
Sclérose en plaques : pourquoi l'activité physique est essentielle - © f9photos - Getty Images/iStockphoto

A l'occasion de la journée mondiale de la sclérose en plaques le 30 mai, le Dr Cécile Donze, chef de service de Médecine physique et réadaptation fonctionnelle, explique pourquoi le sport est essentiel pour que les jeunes patients continuent à vivre normalement.

Contrairement aux idées reçues, faire du sport n'augmente pas les poussées, caractéristiques de cette maladie auto-immune qui attaque le système nerveux.

La plupart des patients âgés de 20 à 40 ans arrêtent de faire du sport une fois le diagnostic posé.

"Il y a un déconditionnement à l'effort très important dès l'apprentissage de la maladie", explique le docteur Cécile Donze, qui entraîne tous les jours des patients atteints de sclérose en plaques.

 

Dans le service de Médecine physique et réadaptation fonctionnelle qu'elle pilote, l'objectif est d'amener les jeunes patients à faire de l'exercice physique au moins trois fois par semaine pendant 20 minutes, y compris en dehors de l'hôpital.

C'est ainsi qu'ils pourront améliorer leur condition physique globale et diminuer leur niveau de fatigabilité, l'un des symptômes invalidants de la pathologie. 

 

La spécialiste préfère d'ailleurs parler d'activité physique plutôt que de sport, même si "toutes les activités physiques (yoga, équitation, marche,...) sont autorisées en fonction des goûts et de la motivation et ce, à tous les stades de la maladie". Le programme clé pour améliorer la santé des patients inclut des étirements pour assouplir les raideurs musculaires, du renforcement musculaire pour gagner en force et des exercices cardio pour améliorer l'endurance, poursuit Cécile Donze. 

 

Si aucune étude ne prouve pour le moment que le sport empêche la progression de la sclérose en plaques, une activité physique régulière permet aux patients de récupérer certaines fonctions motrices détériorées.

"En travaillant le renforcement d'un muscle déficitaire, les patients peuvent regagner de la force très rapidement", explique Cécile Donze. Les personnes qui sont plus lourdement touchées, y compris en fauteuil, peuvent également faire des exercices mobilisant les membres inférieurs et supérieurs.  

 

Cécile Donze déconseille en revanche de se rendre dans une salle de sport anonyme avec des coachs qui risquent de méconnaître la maladie. Si l'on ne dispose pas de suivi sportif dans une unité spécialisée à l'hôpital, le kinésithérapeute peut être un bon relais santé en ville.

Autre solution : utiliser les sites et applis conçus spécifiquement par des professionnels de santé pour les patients et les médecins neurologues afin d'accompagner les malades. Le site de coaching sur la plateforme on-steps.fr propose par exemple 30 exercices sous forme de photos et l'appli Cleo, lancée le 30 mai, permet de suivre un programme sportif vidéo de 3 mois.