Réduire la pollution de l'air éviterait 50.000 morts en Europe

Réduire la pollution de l'air éviterait 50.000 morts en Europe.
Réduire la pollution de l'air éviterait 50.000 morts en Europe. - © Howard Kingsnorth - Getty Images

Réduire la pollution de l'air aux niveaux recommandés par l'OMS pourrait permettre d'éviter plus de 50.000 morts par an en Europe, selon une étude, qui appelle à une action rapide.

S'il y a eu 2,4 milliards de tonnes de CO2 en moins dans le monde en 2020 et même si les Européens respirent un air plus pur qu'il y a dix ans, il n'empêche que l'Organisation mondiale de la santé estime que la pollution de l'air tue plus de sept millions de personnes par an dans le monde et provoque aussi maladies et absentéisme au travail. Et ce n'est pas que dans les pays en voie de développement puisque, dans l'UE, plus d'un décès sur huit lié à la pollution !

Le seuil recommandé par l'OMS pour les particules fines PM2,5 est de 10 microgrammes/m3 en moyenne annuelle et pour le dioxyde d'azote (NO2) de 40 μg/m3 en moyenne annuelle.

La nocivité des particules fines pour la santé est avérée, en particulier en milieu urbain : mortalité et maladies cardiovasculaires et respiratoires, troubles de la grossesse et de la croissance du fœtus... De plus, on estime que la pollution de l'air a tué près de 500.000 nouveau-nés en 2019.


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84% des citadins exposés à des taux supérieurs aux normes

L'étude, parue dans la revue Lancet Planetary Health, a calculé les morts prématurées liées à ces deux polluants dans 1.000 villes européennes. Respecter les recommandations de l'OMS permettrait d'éviter 51.213 morts prématurées par an, selon les chercheurs.

Cette étude "montre que de nombreuses villes n'en font toujours pas assez pour s'attaquer à la pollution de l'air", estime  l'Institut de Barcelone pour la santé globale.

Le nombre de morts liées à la pollution de l'air varie selon les villes, celles situées dans la plaine du Pô, en Italie, en Pologne et en République tchèque étant particulièrement touchées. A l'inverse, la capitale islandaise Reykjavik, Tromsø en Norvège, Umea en Suède et Oulu en Finlande sont moins exposées.

En moyenne, 84% de la population dans les villes est exposée à des niveaux supérieurs à ceux recommandés par l'OMS pour les PM2,5 et 9% pour le NO2.

Pour Sasha Khomenko, co-auteur de l'étude, il est important de mettre en place des mesures adaptées aux conditions locales, vu les variations dans les niveaux de pollution. Les changements à mener concernent le trafic routier, l'industrie, les aéroports, les ports mais aussi le chauffage au bois et au charbon.