Quels masques à la sortie du confinement ?

Au début de l'épidémie, dans de nombreux pays occidentaux, les gouvernements répétaient que le port généralisé du masque, denrée alors très rare, était inutile. Au fil des semaines, le discours a changé, renforcé par le fait qu'une part significative des personnes contaminées développent peu voire aucun symptôme.

Bientôt tous masqués ?

L'idée d'un produit "alternatif" en tissu pour la population générale s'est développée. "Le masque grand public peut participer à l'arsenal des mesures visant à nous protéger d'une épidémie", a déclaré dimanche le ministre de la Santé français Olivier Véran. Il pourrait même devenir obligatoire dans les transports en commun.

Pour préparer cette transition, fin mars, l'association de normalisation AFNOR a mis au point un guide d'exigences minimales, de confection et d'usage de ces masques.

Ces masques, qui ne dispensent pas de la distanciation sociale et des gestes barrières, doivent filtrer au moins 70% des particules de 3 microns émises par le porteur, tout en permettant une "respirabilité" suffisante pour quatre heures d'utilisation maximum. Deux critères cruciaux pour obtenir une homologation.

Pas assez de masques pour tout le monde

"On n'aura pas de masques pour tous avant des semaines, voire des mois", déplore Michaël Rochoy, médecin généraliste fondateur du collectif "Stop postillons".

Ces protections en tissu sont certes lavables, mais pas à l'infini, pour préserver leur efficacité (entre 5 et 20 fois selon les modèles) et il en faut a priori plus d'un par personne.

"Il en faut deux ou trois par jour, en fonction de votre activité : open space,  atelier, magasin ou bureau indépendant", commente Yves Dubief, de l'Union des industries textiles.

Et puis, il en faut suffisamment pour pouvoir appliquer les consignes de lavage (à 60°C pendant 30 minutes), séchage et repassage à 120/130°C.

Do it yourself !

En attendant, avec "une bobine de fil, une aiguille, trois vieilles chemises et deux vieux t-shirts, chaque personnes peut en avoir" au moment du déconfinement, souligne le Pr Dautzenberg.

Les utilisateurs doivent juste prendre quelques précautions dans sa manipulation, et ne pas le toucher sans arrêt, pour ne pas s'auto-contaminer.

Il suffit de leur expliquer les "bonnes pratiques", note Marine Prevet, du réseau "Couturières solidaires". Tout le monde est "capables d'apprendre à conduire une voiture, à allumer le gaz. Ils sont capables d'apprendre à retirer un masque en le prenant par l'élastique."