Quelles sont les techniques utilisées par Monsanto pour défendre le glyphosate?

Laura Aguirre de Carcer et Tristan Waleckx, journalistes de l'émission Envoyé Spécial, ont enquêté sur les stratégies du géant américain des pesticides.

 

L'astroturfing

L'association «Agriculture et Liberté» a réuni plusieurs milliers d'agriculteurs pro-glyphosates. À première vue, le mouvement paraît être à l'initiative d'acteurs indépendants et pourtant, tout aurait été orchestré par Monsanto. En effet, selon les journalistes d'Envoyé Spécial, une agence de communication embauchée par l'entreprise était chargée de recruter les membres de l'association. C'est «une communication extrêmement présente, extrêmement agressive», d'après Tristan Waleckx.

 

Le fichage

L'équipe de l'émission a mis la main sur des documents qu'elle qualifie de «perturbants». Une liste très détaillée où figurent toutes les personnalités politiques et des «renseignements d'ordre privé» les concernant a été découverte. Ces individus ont été catégorisés selon qu'ils sont «à éduquer», «à surveiller» ou encore «à recruter» par Monsanto. «Cela prouve qu'il y a des stratégies objectives de démolition des voix fortes», soulève Ségolène Royal, dont le nom apparaît dans la liste.

 

Le ghostwriting

«Écriture fantôme» en anglais, le ghostwriting consiste à écrire un texte tout en dissimulant le réel auteur. Des tribunes ou des articles ont été «rédigés en partie» par des entreprises de communication de Monsanto sans que cela ne le soit précisé. Le but? Rendre ces textes plus «crédibles» auprès des lecteurs. Pour Laura Aguirre de Carcer, «c'est pousser extrêmement loin les pratiques de manipulation de l'opinion».