Puberté: des règles précoces constituent un facteur de risque d'obésité à l'âge adulte

Des pressions sociales vis à vis de filles physiquement plus matures pourraient expliquer des risques d'obésité à l'âge adulte
Des pressions sociales vis à vis de filles physiquement plus matures pourraient expliquer des risques d'obésité à l'âge adulte - © Highwaystarz-Photography / Istock.com

Une puberté précoce exposerait les femmes à un risque plus élevé d'obésité à l'âge adulte et constituerait un facteur de risque à part entière au même titre que l'alimentation ou le niveau d'éducation, suggère une étude  publiée dans l'International Journal of Obesity.

Les femmes qui ont eu une puberté avant l'âge de 12 ans ont plus de risque d'être en surpoids, du fait de changements hormonaux précoces, concluent des travaux conduits par des chercheurs de l'Imperial College London dans l'International Journal of Obesity.

Les chercheurs ont utilisé une technique appelée "randomisation mendélienne" qui sert à identifier des facteurs de risques - de maladies cardiovasculaires par exemple - en se basant sur la génétique pour établir ce lien de cause à effet. 

Cette analyse génétique a permis d'évincer d'autres critères pouvant influencer la prise de poids à l'âge adulte comme l'origine ethnique, le niveau d'éducation, le contexte économique et l'alimentation, souligne l'étude. 

 

Chez les 182.416 femmes sélectionnées pour ces travaux, les chercheurs ont identifié 122 variantes génétiques associées au déclenchement de la puberté et des premières règles.

Ils ont ensuite regardé des données issues d'un autre panel de 80.465 femmes enregistrées sur la UK Biobank, une base de données médicales britannique, pour évaluer l'effet de la puberté précoce sur l'indice de masse corporelle (IMC).

 

Ils ont constaté que les filles qui commencaient leur puberté plus tôt, avant l'âge de 12 ans en moyenne, avaient plus de risque d'être obèses que celles qui ont eu leurs règles plus tardivement.

Ce lien de cause à effet a été confirmé sur un troisième groupe de 70.962 femmes, selon l'étude qui relève une diminution de l'IMC de l'ordre de 0.38kg/m2 pour chaque année retardée de l'apaprition des règles. 

 

Des facteurs psychologiques comme une différence de traitement et des pressions sociales vis à vis de filles physiquement plus matures pourraient expliquer ce lien de cause à effet, avance l'étude.

Sur le plan physiologique, les auteurs de l'étude évoquent les changements hormonaux liés à la puberté comme la poussée de la poitrine de manière précoce qui peut constituer un risque augmenté d' indice de masse corporelle (IMC) plus élévé ou d'obésité plus tard dans la vie.

Pour consulter l'étude : nature.com/articles/s41366-018-0048-7