Prévenir les têtes plates chez les bébés, sans les mettre en danger

Les bébés doivent dormir sur le dos afin d'éviter des morts subites du nourrisson, dont le principal facteur de risque est le couchage ventral. Mais, et c'est une source d'inquiétudes pour les parents, cette position peut provoquer des plagiocéphalies, ces déformations du crâne liées à la position du bébé (surnommées "tête plate" et parfois cranioplagie).

Bénin dans la plupart des cas

"La bonne nouvelle des études qui ont été faites, c'est qu'il n'y a pas de retentissement sur le développement de l'enfant", assure le Dr Pierre Gabach. Dans la plupart des cas, "c'est bénin". Les données scientifiques montrent notamment qu'il n'y a pas de lien de causalité entre une plagiocéphalie et un retard neurodéveloppemental, des troubles spécifiques ophtalmologiques, oculomoteurs ou vestibulaires (comme des vertiges).

"Dans la très grande majorité des cas, les déformations crâniennes disparaissent à l'âge de 2 ans grâce à la mobilité spontanée du bébé, qu'il faut préserver", assurent les spécialistes.

Les professionnels de santé doivent renouveler aux parents les conseils déjà donnés avant la naissance, surtout pendant les six premiers mois de la vie lorsque le crâne est plus malléable.

Laisser bouger bébé

On recommande aux parents de laisser le nourrisson libre de ses mouvements, notamment pour que son cou soit mobile, y compris sur le ventre lorsqu'il est éveillé et à condition qu'il soit surveillé. 

On préconise également de varier les postures du bébé, de l'encourager à tourner la tête spontanément en le sollicitant par le toucher, la vue ou par la voix ou des sons.

Quand il est éveillé, il est conseillé de l'installer sur un tapis ferme au sol avec des jouets répartis autour de lui, en évitant les arches de jeu et les mobiles, qui vont fixer son attention en un endroit unique. Les professionnels dénoncent "les effets délétères des cale-tête, des sièges-coques et des coussins anti-tête plate, objets qui se sont multipliés dans l'environnement des bébés et qui les empêchent de bouger librement".

De la kiné si nécessaire

Le Pr Patural déplore pour sa part une "tendance à moins s'occuper du bébé, à moins l'observer, à moins le regarder, à moins le prendre dans les bras" et des habitudes très néfastes comme par exemple "des balançoires ou balancelles qui vont se mettre à bercer le bébé dès qu'il se met à pleurer pendant que papa et maman continuent à jouer à la PlayStation ou à autre chose". 

 Quand l'enfant à des difficultés à bouger son cou (torticolis), il est recommandé de consulter un médecin qui pourra prescrire des soins de kinésithérapie au plus tôt.

L'ostéopathie n'est pas, au vu des données scientifiques actuelles, recommandée. 

En l'absence d'amélioration après une prise en charge adaptée, une orientation précoce (fin du premier semestre) par le médecin vers un centre compétent est recommandée.