Pourquoi certaines personnes n'ont jamais froid ? Grâce à une mutation génétique !

Nous ne sommes pas tous égaux face au froid. Alors que certain(e)s ressortent les écharpes et les plaids à la moindre chute de température, d’autres se baladent encore en t-shirt l'hiver. Cette différence de sensibilité au froid s’expliquerait, selon une étude récente, par l’absence ou la présence dans nos fibres musculaires… d’une protéine.

Plus de muscles rouges ou plus de muscles blancs ?

Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Karolinska révèle en effet qu’environ 1.5 milliard de personnes dans le monde seraient naturellement plus résistantes au froid grâce à l’absence de la protéine α-actinine-3 dans leurs fibres musculaires.

Pour démontrer ces résultats, les chercheurs ont recruté 42 hommes âgés de 18 à 40 ans. Ils leur ont demandé de se plonger dans de l’eau à 14 °C. Après 20 minutes, les participants devaient sortir du bain pour se "reposer" 10 minutes à température ambiante, puis réitérer l’expérience en alternance (20 minutes d’eau froide/10 minutes de repos) jusqu’à faire descendre leur température corporelle à 35,5 °C ou jusqu’à atteindre les 120 minutes. Durant ce temps, les chercheurs mesuraient précisément l’activité électrique des muscles des participants pour en étudier leur teneur en protéines.


Lire aussi : Comment se réchauffer en télétravail pendant les grands froids ?


Les participants dépourvus de protéine α-actinine-3 avaient plus de fibres musculaires à contraction lente (muscles rouges) et étaient plus aptes à supporter le froid, en partie car ce type de fibres dépense moins d’énergie. En revanche, les participants chez qui les chercheurs avaient détecté de la protéine α-actinine-3 avaient plus de fibres musculaires à contraction rapide (muscles blancs) et par conséquent, étaient moins résistants au froid.

Plus résistant au froid mais moins explosif

Comme les personnes ne possédant pas de protéine α-actinine-3 possèdent d’avantage de fibres musculaires à contraction lente (muscles rouges), cela signifie également qu’elles sont moins performantes dans leur activité sportive. En effet, comme les muscles se contractent plus lentement, cela les désavantage dans les sports qui nécessitent force et explosivité. En revanche, c’est plutôt pratique pour les sports d’endurance.


Lire aussi En plein boum, les séances de fitness sur TikTok sont-elles (vraiment) efficaces ?


A contrario, les frileux - qui possèdent donc plus de muscles blancs à contraction rapide - sont plus "forts" dans les sports de force et moins performants en endurance.

Une mutation vieille de 80.000 ans

Pour les chercheurs, cette mutation génétique qui consiste à ne plus posséder de protéine α-actinine-3 se serait produite il y a environ 80.000 ans. Elle aurait permis aux Homo Sapiens qui migraient de l’Afrique vers l’Europe et l’Extrême Orient de mieux supporter les différences de températures.

Aujourd’hui, on estime qu'une personne sur cinq dans le monde serait dépourvue de α-actinine-3.

 


Pour en savoir plus, consultez l’étude publiée dans la revue American Journal of Human Genetics.