Pour combattre efficacement le prédiabète, mieux vaut miser sur l'effort modéré

D'après l'étude, l'effort modéré pourrait s'avérer plus efficace que l'entraînement de forte intensité contre les symptômes du prédiabète.
D'après l'étude, l'effort modéré pourrait s'avérer plus efficace que l'entraînement de forte intensité contre les symptômes du prédiabète. - © Steve Debenport / Istock.com

L'effort modéré, qui se traduit par des exercices simples comme la marche rapide, pourrait s'avérer plus efficace que l'entraînement de forte intensité (la course, par exemple) contre les symptômes du prédiabète. C'est en tout cas ce que suggère une étude de l'école de médecine de l'université américaine de Duke (Caroline du Nord).


Dans le cadre d'un essai aléatoire contrôlé (les sujets sont aléatoirement répartis parmi les groupes correspondants à chaque approche thérapeutique testée), les chercheurs ont étudié sur 6 mois 150 participants chez qui les médecins avaient diagnostiqué un prédiabète.

Les participants ont été divisés en quatre groupes. L'un deux a suivi ce que l'on appelle un Programme de prévention du diabète (PPD) destiné à réduire le poids de 7% sur un semestre en diminuant l'apport en calories et en graisse, ainsi qu'en augmentant l'exercice. Côté sport, ce groupe a effectué l'équivalent de 12 km de marche rapide par semaine.


Augmentation de 9% de la tolérance au glucose

Comme il est parfois difficile pour les patients de s'engager à adopter les 3 aspects du DPP, les chercheurs ont voulu savoir si le même résultat pouvait être atteint uniquement en faisant de l'exercice. Les autres participants se sont donc contentés du volet sportif du PPD.

L'un des groupes a effectué un petit nombre d'exercices d'intensité modérée (l'équivalent de 12 km de marche rapide par semaine). Un autre groupe a effectué un grand volume d'exercices d'intensité moyenne (l'équivalent de 18,5 km de marche rapide par semaine). Le troisième groupe a effectué des exercices de forte intensité (l'équivalent de 18,5 km de jogging par semaine).

Les résultats ont montré qu'en moyenne, les participants du groupe PPD en ont retiré de grands bienfaits, notamment une augmentation de 9% de la tolérance au glucose, un indicateur clé de prédiction de la progression du diabète.


Approfondir les recherches

Seul un des autres groupes a affiché des résultats similaires : le groupe des 12 km s'étant exercé modérément. Ces participants ont bénéficié d'une augmentation moyenne de 7% de la tolérance au glucose.

Le groupe des 18,5 km en intensité moyenne n'a montré qu'une augmentation moyenne de 5%, tandis que celui de forte intensité n'a bénéficié que d'une augmentation moyenne de 2% de la tolérance au glucose.

Les auteurs de l'étude William Kraus et Cris Slentz ont conclu que l'exercice d'intensité modérée pouvait profiter aux patients ayant un prédiabète dans la mesure où il permettait de brûler des graisses dans les muscles, ce qui favorise le captage de glucose par les muscles, à la différence de l'exercice de forte intensité qui a tendance à brûler plus de glucose.

Les auteurs admettent qu'il faut approfondir les recherches mais Kraus ajoute : "L'étude a permis de constater que l'on pouvait obtenir 80% des effets du programme PDD complet rien qu'en pratiquant une grande quantité d'exercice d'intensité modérée. Je suis heureux d'avoir un tel message à transmettre à mes patients, de pouvoir leur dire que l'on peut ainsi obtenir les mêmes effets qu'en cumulant exercice, régime et perte de poids".

Ces résultats ont été publiés dans la revue Diabetologia.