Pollution : l'exposition pendant la grossesse peut entraîner des troubles cognitifs chez l'enfant

Grâce à l'imagerie cérébrale, les chercheurs ont constaté des anomalies de l'épaisseur du cortex cérébral et ce, dans différentes zones chez les enfants âgés de 6 et 10 ans.
Grâce à l'imagerie cérébrale, les chercheurs ont constaté des anomalies de l'épaisseur du cortex cérébral et ce, dans différentes zones chez les enfants âgés de 6 et 10 ans. - © jm1366 / IStock.com

L'exposition à la pollution atmosphérique, y compris à des niveaux inférieurs aux limitations européennes, pourrait retarder le développement cérébral chez les enfants, alerte une étude conduite par des chercheurs du Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal).

Les enfants qui ont été exposés in utero à la pollution de l'air présentent des anomalies dans plusieurs régions du cerveau dont le cortex, affirme une étude qui a suivi le développement cognitif de 783 enfants aux Pays-Bas. 

Le cerveau du foetus étant particulièrement vulnérable pendant la grossesse, l'étude suggère que "l'exposition à un environnement pollué même à des niveaux bien au-dessous de ceux considérés comme sûrs puisse causer des dégâts cérébraux permanents".

Les travaux ont mesuré les niveaux de particules de dioxyde d'azote, un polluant présent dans l'air causé par le trafic et la fumée de cigarette, de particules fines et de plus grosses particules auxquelles les mères avaient été exposées pendant la grossesse à leur domicile.

Grâce à l'imagerie cérébrale, les chercheurs ont constaté des anomalies de l'épaisseur du cortex cérébral et ce, dans différentes zones chez les enfants âgés de 6 et 10 ans.

Ces modifications observées dans ces régions du cerveau peuvent conduire à des difficultés de self-control comme la gestion de l'impulsivité associés à des comportements addictifs ou de l'hyperactivité, selon l'étude.

Seuls 0,5 % des femmes enceintes ont été exposées à des niveaux considérés comme dangereux pour la santé, constate l'étude qui révèle des niveaux moyens de dioxyde d'azote " à la limite sûre".

 

Ces anomalies cérébrales contribuent en partie à la difficulté avec le contrôle inhibiteur - la capacité de régler le sang-froid sur des tentations et le comportement impulsif - associés à des comportements de dépendance comportement ou de l'hyperactivité.

Les retards cognitifs observés tôt dans la vie pourraient avoir des conséquences graves à long terme comme le risque significatif de développer des troubles psychiques et des difficultés scolaires, concluent les auteurs de l'étude.

Pour consulter l'étude: https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0006322318300647