Phtalates : un lien établi entre l'exposition des pères et le développement de l'embryon

L'étude confirme que les facteurs environnementaux peuvent jouer sur le succès du système reproductif
L'étude confirme que les facteurs environnementaux peuvent jouer sur le succès du système reproductif - © marctranvn/Istock.com

Une étude américaine a cherché à évaluer l'impact de l'exposition de futurs pères aux phtalates - ces polluants chimiques présents dans l'alimentation et les produits d'hygiène - sur les chances de succès de la reproduction. 50 couples engagés dans une FIV (fécondation in vitro) ont été suivis.

Des chercheurs américains de l'université du Massachussetts ont choisi d'étudier chez les pères l'effet des phtalates, ces substances chimiques présentes dans l'alimentation et les produits d'hygiène et de cosmétiques, sur le succès de la reproduction.

Les scientifiques ont testé la présence de ces substances dans l'urine de 50 couples engagés dans un protocole de FIV (fécondation in vitro), le même jour que le prélèvement de sperme et le recrutement des ovocytes.

Sur les 761 ovocytes prélevés, 423 ont progressé au stade de clivage (jour 3), 261 étaient de grande qualité au stade du clivage, 137 étaient transférables et 47 ont montré une grande qualité de blastocyste, état embryonnaire situé au 5ème et 7ème jour du développement.

D'après les résultats, ces expositions aux produits chimiques ont été associées "à une diminution prononcée de la qualité du blastocyste."

L'étude confirme que les facteurs environnementaux peuvent jouer sur le succès du système reproductif. D'autres analyses devront avoir lieu pour observer le comportement de ces embryons "endommagés" et comprendre par quels mécanismes les phtalates détériorent leur qualité.

Produits en grandes quantités par les industries des plastiques, les phtalates rentrent dans la fabrication de produits courants comme les adhésifs, les revêtements de sol en vinyle, les détergents, les produits pharmaceutiques, les câbles électriques ou encore les huiles lubrifiantes.

En 2012, un rapport de l'Inserm pointait déjà du doigt ces polluants, les résultats indiquant qu'ils réduisaient de 30 % la production de testostérone, réduisant ainsi la fertilité.