Pas de lien entre talc et cancer des ovaires, selon une grande synthèse d'études

Pas de lien entre talc et cancer des ovaires, selon une grande synthèse d'études.
Pas de lien entre talc et cancer des ovaires, selon une grande synthèse d'études. - © Phatharapol Nopharat / EyeEm - Getty Images/EyeEm

C'est parfois l'absence de résultats qui est le résultat le plus intéressant: une synthèse d'études portant sur 250.000 femmes aux Etats-Unis n'a pas trouvé de lien statistique entre l'usage de talc sur les parties génitales et le risque de cancer des ovaires.

Des procès aux Etats-Unis

De moins en moins de femmes le font mais quatre participantes sur dix ont utilisé du talc pour absorber humidité et odeurs, soit par application directe sur les parties génitales, soit en en mettant sur un sous-vêtement, un tampon hygiénique ou un diaphragme. Ce sont surtout les générations plus âgées qui le font.

Dans les années 1970 est née une inquiétude sur la contamination du talc par de l'amiante, qui est souvent proche dans la nature des minerais servant à fabriquer le talc.

Puis des études ont mis en évidence un risque plus élevé de cancer des ovaires chez les utilisatrices de talc, qu'on soupçonnait capable de remonter jusqu'aux ovaires via le vagin et l'utérus.

Aux Etats-Unis, le groupe Johnson & Johnson se défend depuis des années contre des milliers de plaintes contre ses produits talqués, accusés d'être cancérigènes. Il a par exemple été condamné en 2018 à payer 4,7 milliards de dollars à 22 femmes, un verdict contesté en appel. En octobre, la firme a rappelé un lot de talc pour bébé après que des inspections sanitaires ont découvert des traces d'amiante.

Aucun lien statistique

Mais un doute existait sur la réalité du lien entre talc et cancer des ovaires car le nombre d'études conduites a été faible en cinq décennies, avec des résultats statistiquement peu probants. L'effet est difficile à isoler car les cancers des ovaires sont rares: 1,3% des femmes risquent d'en subir dans leur vie. Au total, sur ces 250.000 femmes suivies pendant une durée médiane de 11 ans, environ 2.200 cancers des ovaires ont été rapportés.

Aucune différence statistique n'a été observée entre les femmes qui ont déclaré avoir utilisé du talc et celles qui ne l'ont jamais fait. Idem quand on compare la fréquence ou la durée d'utilisation.

"Il n'y a pas d'association statistique significative entre l'utilisation déclarée de talc sur les parties génitales et le risque de cancer des ovaires", écrivent les auteurs de l'analyse, parue dans la revue Jama.