Paludisme : une résistance au traitement découverte chez des parasites d'Afrique subsaharienne

Paludisme : une résistance au traitement découverte chez des parasites d'Afrique subsaharienne.
Paludisme : une résistance au traitement découverte chez des parasites d'Afrique subsaharienne. - © Paul Starosta - Getty Images

Publié dans la revue "Nature et Médecine", un rapport alarme sur la présence significative dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne de parasites transmettant le paludisme et résistant à l'artémisinine, la molécule utilisée pour soigner cette maladie infectieuse.

Depuis plus de quinze ans, le traitement ACT est l'antipaludique le plus utilisé et le plus recommandé par l'OMS. Il est constitué d'un dérivé à action rapide de l'artémisinine, une molécule essentielle pour soigner la maladie.

Mais une mutation au sein du gène K13 des parasites du genre Plasmodium peut occasionner le développement d'une résistance à cette molécule. La découverte d'un échantillon significatif résistant à ce traitement dans la région subsaharienne est une très mauvaise nouvelle car la région concentre plus de 90% des cas de paludismes.

Une mutation génétique rend inopérant l'antipaludique le plus utilisé

Cette mutation très rare en Afrique a récemment été détectée au Guyana et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les organismes de santé impliqués dans la surveillance moléculaire de la résistance en Afrique, auxquels contribuent des chercheurs de l'Institut Pasteur, ont mesuré une présence significative de parasites porteurs de la mutation et donc, résistants in vitro au traitement à base d'artémisinine.

Dans les années 80, une résistance s'était installée face au traitement utilisé jusque là, à base de chloroquine. Cela aurait entraîné la mort de plusieurs millions de personnes, notamment de jeunes enfants.

Une modélisation du même scénario pour l'artémisinine prédit sur 5 ans des conséquences désastreuses : 78 millions de cas et 116.000 décès en plus.

Le paludisme, présent dans 89 pays dans le monde, est transmis par les parasites du genre Plasmodium. Il s'agit d'un véritable enjeu de santé publique puisque cela représente 3,2 milliards d'individus potentiellement exposés à ce risque infectieux. Il n'existe toujours pas de vaccin contre cette maladie.