Mieux connaître les premières expériences de vie des patients pourrait aider à combattre l'obésité

Dirigée par Barbara Basile, professeure à l'Ecole cognitive comportementale de Rome (School of Cognitive Psychotherapy), cette recherche montre que les troubles du comportement alimentaire peuvent être déclenchés par des expériences de vie précoces profondément ancrées dans les traits de personnalité des adultes en surpoids ou obèses.  

"Si les causes biologiques et environnementales de l'obésité sont bien connues, les déterminants psychologiques qui pourraient indiquer des prédispositions chroniques sont moins clairs", explique Barbara Basile.

L'étude avait été publiée dans le journal Helyion.

La nourriture comme réponse au sentiment d'abandon ou d'échec

L'étude montre que les patients concernés par l'hyperphagie ont tendance à adopter ce type de comportement en guise de stratégie d'apaisement lorsqu'ils éprouvent des sentiments d'abandon, de dépendance ou des doutes quant à leur capacité à réussir dans la vie (travail, vie conjugale et familiale, vie sociale, réussite matérielle...).

Les chercheurs ont également tenu compte de critères tels que l'asservissement (la croyance que l'on doit abandonner le contrôle aux autres) ainsi que le juge intérieur (voix intérieure propice à l'auto-critique).

L'étude met en évidence le rôle du schéma d'auto-contrôle insuffisant chez les personnes en surpoids et obèses, ce qui se traduit par des difficultés à tolérer la détresse et à retenir les impulsions.

A la lumière de ces résultats, la Pre Basile propose des pistes de thérapie visant à réduire les mécanismes d'adaptation dysfonctionnels tels que les "stratégies d'apaisement", ainsi qu'à déconstruire les messages auto-destructeurs délivrés par le juge intérieur.

"Il pourrait être particulièrement utile pour les patients obèses d'aborder leurs modes de schémas cognitifs actuels et les premières expériences qui y sont liées dans un milieu clinique solide et bienveillant", estime Barbara Basile.