Les jeunes femmes boulimiques se confient plus facilement à leur smartphone qu'à un spécialiste

Parue dans Jama Network Open, l’étude comprend la participation de 4894 femmes recrutées au sein de 27 campus universitaires aux États-Unis. Les étudiantes ont rempli des questionnaires, ce qui a permis aux chercheurs d’identifier celles susceptibles de souffrir de troubles alimentaires tels que la boulimie. Parmi les jeunes femmes sondées, 690 en proie à des crises de boulimie ont accepté de participer : 385 d’entre elles ont été sélectionnées au hasard pour recevoir une thérapie cognitive-comportementale par le biais d’une application mobile conçue spécifiquement pour l’expérience, tandis que 305 ont été suivies par des conseillers présents sur les campus.

 

Thérapies via mobile plus efficaces

Les participantes du premier groupe ont pu suivre leur thérapie via l’application mobile en gérant leur propre emploi du temps, à raison de 40 séances d’une durée d’environ 10 minutes. Chaque femme a bénéficié d’une prise en charge personnalisée, avec des appels téléphoniques d’experts au début et à la fin de la thérapie, ainsi que des conseils délivrés par écrit via leur smartphone tout au long du programme.

Au fur et à mesure de l’expérience, les participantes qui ont utilisé l’application ont signalé une diminution des symptômes (crises de boulimie, rejets des aliments ingurgités, utilisation de diurétiques), ainsi qu’une réduction des signes d’anxiété et de dépression liés à la perception de leur propre corps.

Selon les auteurs de l’étude, le succès de l’application smartphone en comparaison de la thérapie "classique" s’explique en partie par la plus grande souplesse que cette méthode offre, ainsi que par le fait que ces jeunes femmes se sentent plus à l’aise pour confier des détails intimes de leur vie à travers l’écran d’un téléphone plutôt que face à une personne étrangère.

"De nombreux centres de conseil universitaires ne sont pas équipés de cliniciens formés au traitement des troubles alimentaires, c’est pourquoi nous pensons que des interventions numériques comme celle-ci peuvent considérablement améliorer l’accès aux soins", explique Ellen E. Fitzsimmons-Craft, professeure adjointe de psychiatrie et co-autrice de l’étude.

L’étude insiste sur le rôle essentiel que peut jouer ce type de prise en charge thérapeutique, en particulier dans ce contexte de pandémie où l’isolement social (facteur connu pour accentuer les troubles alimentaires) se fait davantage ressentir.