Les complications lors d'une première grossesse peuvent prédire une naissance prématurée ultérieure

Les complications lors d'une première grossesse peuvent prédire une naissance prématurée ultérieure.
Les complications lors d'une première grossesse peuvent prédire une naissance prématurée ultérieure. - © Catherine Delahaye - Getty Images

De nouvelles recherches ont montré que les femmes qui ont dû faire face à des complications au cours de leur première grossesse tout en donnant naissance à terme affichaient un risque accru de naissance prématurée lors de leur seconde grossesse.

Cette étude a pris en compte des données concernant 302.192 femmes norvégiennes. Les scientifiques se sont intéressés à un lien possible entre cinq types de complications au cours de la première grossesse et le risque de naissance prématurée (avant 37 semaines) au cours de la grossesse suivante.

Les complications comprenaient la pré-éclampsie (tension sanguine anormalement élevée et un taux de protéines trop élevé dans l'urine), l'hématome rétroplacentaire (aussi appelé décollement prématuré du placenta), l'enfant mort-né, la mortalité néonatale (au cours des 28 premiers jours) et le fait de donner naissance à un bébé de petite taille (petit pour son âge gestationnel).

Les résultats sont parus en avril 2020 dans The BMJ.

Risque multiplié par 3 en cas de complications multiples

L'étude a montré que même après avoir pris en compte d'autres facteurs pouvant influer potentiellement sur les résultats, dont l'âge maternel, le poids d'avant grossesse et la consommation de tabac, les femmes qui menaient leurs bébés à terme mais qui devaient faire face à l'une des cinq complications précitées semblaient avoir un risque considérablement accru de naissance prématurée au cours de la grossesse suivante.

Plus précisément, le risque de naissance prématurée au cours de la seconde grossesse était de 3% pour les femmes n'ayant pas subi une seule des cinq complications, de 6% après avoir souffert de prééclampsie, de 7% après avoir eu un décollement du placenta, de 13% après avoir donné naissance à un enfant mort-né, de 10% après un décès néonatal et de près de 7% après la naissance d'un bébé de faible taille par rapport à son âge gestationnel.

Le fait de devoir faire face à l'une de ces complications semblait doubler le risque de naissance avant le terme lors de la grossesse suivante.

De plus, le fait d'avoir deux ou plus des complications précitées triplait le risque.

Les scientifiques ont cependant tenu à souligner le fait que cette étude se fonde exclusivement sur l'observation, et qu'elle ne peut donc pas établir de lien de cause à effet. Ils ajoutent cependant que leurs résultats pourraient aider à identifier les femmes affichant un risque accru de naissance prématurée, même si elles avaient précédemment emmené leur enfant jusqu'à son terme.

Ils en concluent que les complications graves de grossesse "impliquent un risque accru de non seulement une récurrence du même événement mais aussi de naissance avant le terme dans une grossesse ultérieure".