Les bêta-bloquants pas forcément bénéfiques après une crise cardiaque

En cas d'atteinte du muscle cardiaque, les bêta-bloquants visent à ralentir et renforcer les contractions du cœur.
En cas d'atteinte du muscle cardiaque, les bêta-bloquants visent à ralentir et renforcer les contractions du cœur. - © AFP

Les bêta-bloquants, médicaments habituellement prescrits après un infarctus du myocarde, n'augmenteraient pas les chances de survie chez les patients qui n'ont pas subi de complications cardiaques après l'incident, suggère une étude britannique qui a suivi 179.810 patients.

 

Des chercheurs de l'Université de Leeds, en Angleterre, ont cherché à savoir si les bêta-bloquants, une classe de médicaments qui aident à réguler l'activité du coeur, pouvaient profiter aux patients qui ne développaient pas d'insuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde.

A l'heure actuelle, ces traitements sont systématiquement prescrits après une crise cardiaque, sur les recommandations des autorités de santé pour diminuer significativement le risque de récidive ainsi que le risque d'un trouble du rythme ventriculaire permettant de prévenir un certain nombre de morts subites.

En cas d'atteinte du muscle cardiaque, les bêta-bloquants visent à ralentir et renforcer les contractions du cœur, en faisant baisser la pression artérielle. 

Pour compléter le traitement, l'aspirine, (pour empêcher la formation d'un nouveau caillot), les statines (pour réduire le taux de cholestérol) et des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (pour lutter contre l'hypertension artérielle) sont généralement prescrits.

Après avoir suivi 179.000 patients britanniques hospitalisés après un infarctus du myocarde entre 2007 et 2013, les chercheurs ont constaté que la prise de ces médicaments n'augmentait pas les chances de survie à un an chez ces patients qui n'avaient pas subi de dommages cardiaques, par rapport aux 9.810 patients qui n'avaient pas suivi de traitement.

L'étude précise que les patients qui n'ont pas pris de bêta-bloquants présentaient pourtant des risques de comorbidité plus importants que les personnes traitées, comme le diabète (15.4 % contre 11.6 %), l'insuffisance rénale chronique (3.2 % contre 1.6 %), l'asthme ou la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) (20.6 % contre 7.8 %), la maladie vasculaire cérébrale (7.0 % contre 3.8 %) et des risques d'accidents cardiovasculaires (76.5 % contre 69.8 %).

Un an après l'hospitalisation, 9.373 décès (soit 5.2% des participants) ont été enregistrés, souligne l'étude.

Battant en brèche l'ensemble des recommandations actuelles, l'étude suggère une sur-prescription des bêta-bloquants.

Selon l'Institut de veille sanitaire, entre 2002 et 2008 en France, le nombre de personnes hospitalisées pour un infarctus du myocarde a baissé dans toutes les classes d'âges chez les hommes (-8,2% de 45 à 54 ans). Sur la même période, il a progressé chez les femmes (+17,9% de 45 à 54 ans). Environ 18.000 personnes en meurent chaque année en France. 

Ces travaux ont été publiés dans le Journal of the American College of Cardiology.