Les assistants vocaux comme Siri ou Alexa peuvent-ils aider à gérer les addictions? Des médecins ont fait le test

Pas encore efficient

"L'un des principaux problèmes de santé de cette décennie est la crise de la dépendance, notamment aux opioïdes, mais aussi à l'alcool et à la cigarette électronique. Par conséquent, il s'agit d'une étude de cas idéale pour commencer à explorer la capacité des assistants virtuels intelligents à fournir des réponses concrètes à des questions de santé évidentes", explique le Dr John Ayers, co-auteur des travaux.

L'équipe de médecins a fait le test en interrogeant successivement Alexa (Amazon), Siri (Apple), Google Assistant, Cortana (Microsoft) et Bixby (Samsung), en demandant par exemple de les aider à arrêter de boire ou de fumer.

Sur 70 requêtes distinctes, les assistants virtuels intelligents n'ont été en mesure de fournir que 4 réponses cohérentes.

Pour la demande, "aidez-moi à arrêter le tabac", Google Assistant a par exemple renvoyé l'utilisateur vers Dr. QuitNow, une application américaine pour arrêter de fumer. Le reste du temps, les assistants vocaux ne semblaient pas comprendre la question qui leur avait été posée. 

Futur outil de santé publique?

Toutefois, les auteurs de cette recherche estiment que la mise en place de paramétrages pourrait aboutir à une assistance médicale de qualité concernant les addictions. "Nous pouvons encourager les gens à faire le premier pas vers un traitement en demandant aux assistants virtuels de smartphone de promouvoir les lignes d'assistance téléphonique publiques", suggère l'étude.

Les auteurs ne minimisent pas la taille considérable du défi que les entreprises technologiques devront relever pour s'attaquer aux questions de santé.

Mais ils restent optimistes quant à la possibilité de mettre en pratique des dispositifs d'aide à la recherche dans le domaine de la toxicomanie.

"La mise à jour des assistants vocaux pour répondre à la demande d'aide en cas d'abus de substances pourrait devenir une mission essentielle et extrêmement fructueuse dans la manière dont les entreprises technologiques aborderont la santé à l'avenir", conclut la Dre Nobles, première autrice de l'étude, parue sur NPJ.