Le sommeil jouerait un rôle dans la survenue de la fibrose pulmonaire

Cette étude, menée par des chercheurs de l'Université de Manchester, a pris en compte 500.074 participants suivis dans le cadre de la cohorte UK Biobank, qui comprend les données génomiques de plus d'un demi-million de résidents britanniques.

Risque triplé chez les gros dormeurs

Après avoir trouvé que l'altération de l'horloge biologique des souris pouvait rendre les rongeurs plus susceptibles de développer une fibrose pulmonaire, les chercheurs voulaient voir si les rythmes de sommeil (circadiens) pouvaient être liés à la maladie chez l'homme. La fibrose pulmonaire est une maladie incurable des poumons qui se produit lorsque les tissus des poumons subissent des lésions et entraînent une insuffisance respiratoire. Plus les tissus pulmonaires s'épaississent, plus la fonction pulmonaire devient difficile.

Les participants qui rapportaient régulièrement dormir 4h ou moins par nuit étaient 2 fois plus susceptibles de développer la maladie,

Ceux qui dormaient 11h ou plus par nuit triplaient leur risque de maladie par rapport aux personnes qui se reposaient 7h par nuit. Le fait de travailler de nuit et d'avoir un chronotype nocturne (être plus du soir que du matin) était aussi associé à la maladie, mais dans une moindre mesure.

Le rôle-clé de l'horloge biologique

Les chercheurs ont noté que le lien entre durée de sommeil et fibrose pulmonaire était similaire à d'autres facteurs de risques connus. Ils attribuent l'association aux rythmes circadiens, qui régulent les cellules du corps humain et sont le moteur de nombreux phénomènes biologiques tels que le sommeil, la sécrétion d'hormones...

De précédents travaux ont montré que les poumons sont très liés aux rythmes circadiens et que leurs réponses à l'environnement sont régulées par les rythmes circadiens.

Le Dr. John Blaikley, en charge de l'étude, a précisé que "la fibrose pulmonaire est une maladie dévastatrice actuellement incurable. C'est pourquoi le fait de découvrir que l'horloge biologique jouerait potentiellement un rôle-clé pourrait ouvrir de nouvelles voies de traitement et de prévention de la maladie".