Le marathon pourrait endommager les reins, selon une nouvelle étude

Le marathon pourrait endommager les reins, selon une nouvelle étude
Le marathon pourrait endommager les reins, selon une nouvelle étude - © davidf / Istock.com

Une nouvelle étude américaine suggère que le stress physique provoqué par le marathon pouvait causer des dommages de court terme aux reins.

Menée par l'université Yale, l'étude consistait à observer un petit groupe de 22 coureurs participant au marathon de Hartford (Connecticut) en 2015.

Des échantillons de sang et d'urine ont été collectés 24 heures avant le marathon (jour 0), immédiatement après la course (jour 1) et le lendemain (jour 2).

Plusieurs marqueurs d'insuffisance rénale, notamment le taux de créatinine, l'apparence des cellules rénales au microscope et le taux de protéines dans l'urine, ont alors été analysés.

À partir de ces résultats, les chercheurs ont découvert que 82% des coureurs souffraient d'insuffisance rénale aiguë de stade 1 juste après la course, c'est-à-dire que leurs reins avaient des difficultés à filtrer les déchets du sang.

Selon les scientifiques, cette insuffisance post-marathon pourrait être provoquée par l'augmentation soutenue de la température corporelle, la déshydratation ou la diminution du débit sanguin vers les reins, trois phénomènes qui se produisent pendant l'effort.

Chirag Parikh, chercheur responsable de l'étude et professeur de médecine, explique également que "les reins réagissent au stress physique du marathon comme s'ils étaient blessés, de manière similaire aux reins des patients hospitalisés touchés par des complications médicales et chirurgicales".

De précédentes études ont déjà montré que participer à des activités inhabituellement intenses dans les climats chauds – par exemple, la moisson ou l'entraînement militaire – pouvait aussi endommager les reins ; on en sait toutefois peu au sujet des effets du marathon sur le fonctionnement rénal.

Bien que les reins des participants à l'étude se soient complètement remis en marche dans les deux jours suivant la course, et en dépit de la taille réduite de l'échantillon, cette étude soulève néanmoins des questions sur les possibles effets à long terme de ce type d'activité physique, surtout lorsqu'elle est pratiquée par temps chaud.

Cette étude sort en outre à une époque de popularité croissante du marathon : plus d'un demi-million de coureurs ont participé à des marathons aux États-Unis en 2015.

"Il nous faut pousser ces recherches plus loin", ajoute le chercheur. "La recherche a montré que courir un marathon modifiait également la fonction cardiaque. Notre étude ajoute un nouvel élément à ces connaissances : le rein réagit au stress provoqué par le marathon."

Les résultats de l'étude sont publiés (en anglais) sur le site de l'American Journal of Kidney Diseases.