Le gène de la minceur aurait été trouvé par des scientifiques

Le gène de la minceur aurait été trouvé par des scientifiques
Le gène de la minceur aurait été trouvé par des scientifiques - © Prostock-Studio - Getty Images/iStockphoto

De nouvelles recherches scientifiques ont peut-être découvert le gène qui permet à certaines personnes de ne jamais prendre un gramme sans faire aucun effort, ouvrant potentiellement une nouvelle frontière dans les traitements contre l’obésité.

Les recherches préliminaires publiées jeudi dans la revue Cell et relayées par CNN, présente les résultats d’une équipe internationale de scientifiques déclarant avoir identifié une variante génétique unique aux individus minces dans ce que l’on appelle le gène ALK.

Le gène ALK étudié sur la population d’Estonie

Le gène ALK fabrique une protéine appelée lymphome kinase anaplasique, qui est impliquée dans la croissance cellulaire. Les chercheurs ont identifié la variante intervenant dans la minceur après avoir examiné des échantillons d’ADN et des données cliniques de plus de 47.000 personnes en bonne santé en Estonie âgées de 20 à 44 ans. "La biobanque estonienne est unique dans ses détails", a déclaré l’auteur principal Josef Penninger, professeur au département de génétique médicale et directeur du Life Sciences Institute de l’Université de la Colombie-Britannique.

"Nous avons examiné les cartes génétiques des personnes ayant un IMC [indice de masse corporelle] inférieur à 18 et les avons comparées à celles des personnes de poids normal et avons découvert la [variante génétique] qui correspondait au fait d’être très mince", a déclaré Penninger.

Les scientifiques savaient déjà qu’une forme mutée du gène et de la protéine ALK (ALK-47) favorise le développement de cellules et notamment de tumeurs cancéreuses puisque ces mutations ont été trouvées dans différentes formes de cancer (poumon, lymphome et cerveau).

La nouveauté de leur recherche c’est qu’une mutation différente du gène pourrait jouer un rôle dans la minceur et la résistance à la prise de poids.

Des mouches et des souris plus minces

Pour tester le fait que la présence ou non de l’ALK pourrait intervenir sur la minceur, les scientifiques ont mené des expériences sur des mouches et des souris et ont découvert que la suppression de ce gène entraînait des versions plus minces de ces mouches et souris.

"Nous avons donné aux souris (ce qui équivalait à) un régime McDonald’s. Les souris normales sont devenues obèses et celles sans ALK sont restées minces", a déclaré Penninger. Les études de l’équipe sur les souris ont également suggéré que le gène ALK ordonne aux tissus adipeux de brûler plus de graisse à partir des aliments.

Un engouement scientifique

Stephen O’Rahilly, professeur et chef du département de biochimie clinique et directeur de l’unité des maladies métaboliques à l’Université de Cambridge, a déclaré que la recherche n’était "pas encore finie" mais "très intéressante".

Selon lui, les études sur les animaux ont été correctement menées mais la variation génétique dans la biobanque estonienne était "modeste" et pas suffisante pour que les experts considèrent les résultats comme définitivement convaincants. Malgré cela, des études antérieures dans des populations beaucoup plus importantes avaient déjà montré l’existence d’un lien avec le poids corporel dans cette zone du génome (ALK).

Quelles implications futures ?

Penninger a déclaré que les traitements ciblant le gène pourraient aider les scientifiques à combattre l’obésité à l’avenir. "Si vous y réfléchissez, il est réaliste que nous puissions supprimer l’ALK et réduire sa fonction pour voir si nous restons minces" explique-t-il.

"Les inhibiteurs de l’ALK sont déjà utilisés dans les traitements contre le cancer. Il peut être ciblé. Nous pourrions éventuellement inhiber l’ALK, et nous essaierons de le faire à l’avenir." Un réel traitement contre l’obésité serait-il en marche ?