La viande in vitro, bonne ou mauvaise idée ?

La viande in vitro, une bonne ou mauvaise idée ?
La viande in vitro, une bonne ou mauvaise idée ? - © YinYang - Getty Images/iStockphoto

La viande est devenue un véritable enjeu écologique, auquel il faut rapidement répondre.

L'augmentation de la population ainsi que les changements de consommation alimentaires sont parmi les défis majeurs à relever dans les années à venir. Et si on trouvait une solution pour manger de la viande sans aucun de ses inconvénients ? Après de longues années de recherche, le Docteur Mark Post a réussi à en produire sans animaux ! La viande cultivée en laboratoire, vraie ou fausse solution ?

Le "Frankensteak"

Le premier "Frankensteak" a été présenté en août 2013 par son créateur, Mark Post, chercheur à l'université de Maastricht, aux Pays-Bas. Ce steak est composé de 20.000 bandelettes de muscle. Trois ans plus tard, c'est une start-up californienne qui lance la première boulette de viande conçue en laboratoire. L'entreprise a ses propres projets scientifiques, qui ont clairement affiché l'objectif d'en finir avec la maltraitance animale liée à l'industrie de la viande. Sans compter que cette viande artificielle pourrait avoir des conséquences positives au niveau environnemental.

Une recette complexe

La viande se présente sous forme de steak haché fabriqué à partir de cellules souches de muscle prélevées sur un véritable bovin. Afin d'obtenir les 20.000 faisceaux musculaires composant le morceau de chair, les cellules souches sont plongées dans du liquide composé d'acides aminés, du sucre, d'hormones de croissance, des vitamines et du sérum de veau fœtal. Pour finaliser le bout de viande, de la poudre d’œuf et de la chapelure sont ajoutés, ce qui permet de rendre la texture et le goût plus authentique. D'un autre côté, du jus de betterave et du safran servent à donner la couleur chair typique de la viande.

Des promesses éthiques et écologiques

Pas de souffrance. Pas de gaspillage des ressources. Juste de la viande pour le simple plaisir du goût, sans culpabilité aucune. Tel est l'argument principal de la viande in vitro qui apaise les tensions liées à la consommation de viande. On remarque en effet trois principales raisons qui poussent les gens à devenir végétariens : la préservation de l'environnement, la condition animale et les raisons de santé. La viande cultivée in vitro semble répondre aux deux premiers. Il n'est pas nécessaire d'élever un grand nombre d'animaux en gaspillant les ressources agricoles primaires ni de tuer des animaux.

Moins de matières grasses

Selon la façon dont sera produite cette viande, selon les techniques employées et les besoins pour le goût du produit final, la viande cultivée in vitro pourrait contenir moins de matières grasses qu'une viande d'animal. Ainsi, les problèmes liés à la consommation de matière grasse (mauvais cholestérol, maladies cardiovasculaires,...) seront diminués par rapport à une viande classique.

Sur le plan environnemental

Il est difficile d'évaluer l'impact de ce procédé car il n'existe pas encore d'usine de production de cette viande artificielle. Différentes estimations n'accordent à ce procédé qu'un impact modéré pour réduire les gaz à effet de serre et la pollution par les nitrates, et un intérêt limité quant à l'utilisation des énergies fossiles, voire très limité pour l'économie en eau. De plus, les résidus des molécules de synthèse utilisées pour la culture se retrouveraient dans les eaux usées des usines.

Un produit final douteux

Il existe un problème lié à la composition finale du produit. En effet, la multiplication cellulaire en boite de pétri n'exclut pas la possible apparition de cellules cancéreuses. Leur ingestion n'est à priori pas dangereuse mais ne sera pas acceptée par les consommateurs. De plus, pour faire "pousser" le steak, les chercheurs utilisent des hormones de croissance, des antibiotiques et d'autres sérums aidant les cellules à survivre et à se multiplier. On ne sait pour le moment pas ce qui se retrouve dans le produit final.