La proximité des fast-foods n'aurait pas (forcément) d'impact sur l'obésité infantile

Des résultats qui vont à contre-courant des politiques menées dans certaines grandes villes américaines pour lutter contre l'obésité infantile, l'une des priorités de santé publique dans le pays.

Faut-il supprimer la restauration rapide aux alentours des écoles ?

Les chercheurs se sont intéressés à l'exposition des enfants à la restauration rapide sur leur trajet domicile-école et sur son impact sur l'indice de masse corporelle (IMC). Ils se sont plus particulièrement penchés sur les changements observés dans cette exposition lorsque les enfants progressent dans le système scolaire, passant de l'école primaire au collège, ou encore du collège au lycée. Ils ont pour cela utilisé l'IMC d'élèves de l'Arkansas, recueilli entre 2004 et 2010, ainsi que l'adresse de leur domicile et de leur école. 

Dans un second temps, les scientifiques ont identifié les établissements de restauration rapide sur le trajet de l'école des participants, dont les McDonald's, les Burger King, les Dairy Queen, les pizzerias à emporter, les Taco Bell, les Subway, les Quiznos, les KFC ou encore les Chick-Fil-A. Ils ont ensuite mesuré l'impact des changements à cette exposition lors de la progression des élèves vers des établissements supérieurs. 

On ne constate pas d'association significative à court terme

Publiés dans le journal Q Open, ces travaux montrent dans un premier temps que plus des deux tiers de l'échantillon (69,6%) n'avaient aucune exposition à la restauration rapide à moins de 800 mètres de leur domicile et que 45,2% avaient au moins un fast-food situé à moins de 800 mètres de leur école.

Les chercheurs expliquent également que les changements d'exposition à la restauration rapide n'avaient pas d'impact sur l'IMC des participants. 

Si l'on regarde les résultats dans le détail, on découvre qu'il n'y a aucun impact entre exposition à la restauration rapide et IMC chez les élèves du primaire.

Les chercheurs indiquent toutefois une légère variation de l'IMC pour les élèves du secondaire qui ont au moins cinq fast-foods à proximité de leur école et pour les élèves du secondaire qui ont entre deux et quatre fast-foods sur leur trajet par rapport à ceux qui n'en ont pas.

Dans leurs conclusions, les scientifiques indiquent toutefois qu'une exposition à des fast-foods, en elle-même, n'est pas un facteur de gain de poids excessif chez les enfants. Ils n'excluent cependant pas le fait que des effets sur l'IMC soient observés sur plus long terme.

D'autres recherches sur le sujet semblent nécessaires

Nombreuses sont les études qui ont jusqu'ici pointé du doigt la présence de fast-food à proximité des établissements scolaires aux Etats-Unis, poussant justement certaines villes à prendre des mesures pour remplacer la restauration rapide par des établissements proposant une alimentation plus saine.

En 2009, une étude révélait alors que la présence d'un restaurant de malbouffe situé dans un rayon de 150 mètres d'une école pouvait accroître l'obésité de 5%. 

Des recherches supplémentaires pourraient donc être menées pour déterminer de façon plus précise encore le rôle de la restauration rapide sur les habitudes alimentaires des plus jeunes.