La prise de contraceptifs hormonaux après l'âge de 38 ans rend l'arrivée de la ménopause plus difficile à prévoir

La prise de contraceptifs hormonaux après l'âge de 38 ans rend l'arrivée de la ménopause plus difficile à prévoir.
La prise de contraceptifs hormonaux après l'âge de 38 ans rend l'arrivée de la ménopause plus difficile à prévoir. - © Vladimir Vladimirov - Getty Images

Une étude à long terme réalisée par des chercheuses suédoises souligne la difficulté croissante de prévoir l'âge moyen d'arrivée de la ménopause. Un phénomène amplifié par l'utilisation de contraceptifs hormonaux, de plus en plus fréquente entre l'âge de 38 et 50 ans, avancent les scientifiques.

En France, l'âge moyen de la ménopause, c'est-à-dire l'arrêt de l'ovulation chez une femme, est estimé à 51 ans. Mais avec l'utilisation des stérilets intra-utérins et de pilules contraceptives, ce bouleversement hormonal  devient de plus en plus difficile à anticiper, souligne une étude.

Plus 1 an tous les 10 ans?

La recherche se base sur les données d'une enquête longitudinale intitulée "Etude prospective de la population féminine à Göteborg".

Un premier suivi de 24 ans effectué sur des femmes de 1968-1969 à 1992-1993 avait déterminé que l'arrivée de la ménopause était en moyenne retardée d'un an toutes les décennies. 

Ces nouveaux travaux se penchent sur une deuxième expérience plus récente réalisée sur des femmes âgées de 38 à 50 ans et suivies jusqu'en 2016-2017. La taille globale de l'échantillon sur ces périodes était de 1.873 participantes.

Le but de cette étude était de déterminer si l'arrivée de la ménopause plus tardive constatée dans la précédente étude se vérifiait aujourd'hui, en tenant compte de l'utilisation de contraceptifs hormonaux et de la ménopause dite artificielle (après ablation de l'utérus, des ovaires et des trompes) chez les femmes âgées de 38 à 50 ans. 

Les contraceptifs hormonaux brouillent les cartes

"Nous avons constaté qu'après 1992, la part de femmes qui avaient encore leurs règles était un peu moins importante qu'en 1992. Cependant, il y a une grande incertitude car beaucoup de ces femmes prenaient des contraceptions hormonales", note Kerstin Rodstrom, médecin généraliste, chercheuse à l'université de Göteborg et co-autrice de l'étude.

Selon les observations obtenues à l'issue de l'analyse, la prévalence des contraceptifs oraux chez les femmes de 38 ans était d'environ 10% en 1968/1969, contre 22% en 2016-2017. La proportion totale d'utilisation de contraceptifs hormonaux chez les femmes de 50 ans s'élève pour sa part à 28% en 2016-2017.

Cette étude montre une augmentation de l'utilisation d'hormones, tant chez les femmes de 38 ans que chez celles de 50 ans, ce qui rend plus difficile la détermination du moment de la ménopause proprement dite.

"Ainsi, la tendance séculaire croissante de l'âge de la ménopause précédemment constatée sera plus compliquée à évaluer dans les générations féminines d'aujourd'hui et de demain", concluent les autrices de l'étude, parue dans le journal Menopause.