La pollution de l'air perturbe les cycles menstruels

L'étude montre notamment que l'exposition à la pollution atmosphérique retarde la mise en place de cycles réguliers à l'âge du secondaire et au début de l'âge adulte.
L'étude montre notamment que l'exposition à la pollution atmosphérique retarde la mise en place de cycles réguliers à l'âge du secondaire et au début de l'âge adulte. - © RossHelen - Getty Images/iStockphoto

L'exposition à la pollution de l'air peut légèrement augmenter le risque d'irrégularité menstruelle chez les adolescentes, indique une étude conduite par des chercheurs américains du Boston Medical Center, la première du genre à montrer les effets de l'air pollué sur le système endocrinien reproducteur.

Jusqu'à présent, les répercussions néfastes sur la santé connues de la pollution de l'air concernent l'infertilité, le syndrome métabolique, le syndrome des ovaires polykystiques, le cancer et les maladies cardiovasculaires et pulmonaires.

La pollution de l'air, due aux particules fines, diminuerait même la qualité du sperme chez les hommes, selon une étude publiée en novembre dernier dans la revue "Occupational & Environmental Medicine", qui portait sur près de 6.500 hommes âgés de 15 à 49 ans à Taïwan.

 

Les travaux se sont, cette fois, intéressés à 34.832 jeunes filles depuis leurs 14 ans jusqu'à leurs 18 ans, sélectionnées dans la cohorte Nurse Health Study (NHS), qui suit depuis près de 30 ans plus de 115.000 femmes américaines âgées de 30 à 55 ans. 

L'étude montre notamment que l'exposition à la pollution atmosphérique retarde la mise en place de cycles réguliers en secondaires et au début de l'âge adulte. Les jeunes femmes plus âgées aux moments de leurs premières règles et celles vivant dans le nord-est ou l'ouest des États-Unis sont les plus concernées, selon l'étude. 

 

Chaque augmentation de 45 microgrammes de particules fines par mètre cube d'air (μg/m3) était associée à une hausse significative de 1,08, 1,09 et 1,10 respectivement pour "les phénotypes modérés, persistants et persistants avec excès d'androgènes observés chez les jeunes femmes".

L'impact de la pollution atmosphérique sur la régularité des cycles pourrait s'expliquer par la présence de polluants contenus dans les particules fines (MP2,5) et leur rôle perturbateur sur le système hormonal, selon le docteur Shruthi Mahalingaiah, gynécologue obstétricien à l'École de médecine de l'université de Boston.

"Ces résultats confortent l'idée selon laquelle la réduction des émissions de particules fines est une priorité au niveau mondial et individuel", souligne l'étude.

Pour consulter les résultats : https://academic.oup.com/humrep/advance-article-abstract/doi/10.1093/humrep/dey005/4824983?redirectedFrom=fulltext