La pilule contraceptive peut protéger de certains cancers pendant 30 ans

Des chercheurs de l'université d'Aberdeen (Écosse) ont étudié des données concernant 46.022 femmes participant à l'étude sur la contraception orale lancée en 1968 par le Royal College of General Practitioners (Collège royal des médecins généralistes) dans le but d'examiner les effets à long terme des contraceptifs oraux sur la santé.

Cette grande étude se penchait sur le risque de cancer de tout type chez les femmes prenant la pilule, et elle a été menée pendant 44 ans. C'était l'étude la plus longue au monde à examiner les effets de la contraception orale.

Les chercheurs ont constaté en examinant ces données que les femmes ayant pris la pilule pendant leurs années de fertilité n'avaient pas connu de risque supplémentaire de cancer après la ménopause, la période de recrudescence de la plupart des cancers.

De plus, les résultats montrent que les femmes qui avaient pris la pilule avaient couru moins de risques de cancer colorectal, de cancer de l'endomètre et de cancer de l'ovaire que celles qui n'avaient jamais utilisé ce type de contraception : la protection contre ces cancers a duré au moins 30 ans après l'arrêt de la pilule.

Bien que les contraceptifs oraux aient été utilisés depuis leur création par des centaines de millions de femmes dans le monde, d'importantes questions demeurent au sujet des risques à long terme de cancers associés à la pilule.

La docteure Lisa Iversen, qui a dirigé l'étude, décrit les résultats comme "rassurants".

Ces résultats viennent confirmer ceux d'une étude de 2016 qui avait découvert que les décès dus au cancer de l'ovaire avaient baissé considérablement dans les pays occidentaux entre 2002 et 2012 grâce à l'utilisation répandue de la pilule contraceptive. L'équipe ayant conduit l'étude prévoyait également que les morts causées par ce cancer, surnommé "le tueur silencieux", car souvent diagnostiqué trop tard, continueraient à baisser pour la même raison.

Une étude de 2015 menée par l'université d'Oxford et qui suivait 27.276 femmes avait aussi permis de constater que la prise à long terme de la pilule pouvait protéger contre le cancer de l'endomètre, qui touche le corps de l'utérus.

Certaines études ont cependant souligné une légère augmentation du risque de cancer du sein liée à l'utilisation de la pilule.

Les résultats de cette nouvelle étude sont publiés (en anglais) sur le site de l'American Journal of Obstetrics and Gynaecology.