La paternité tardive comporte des risques pour la mère et l'enfant à naître

La paternité tardive comporte des risques pour la mère et l'enfant à naître
La paternité tardive comporte des risques pour la mère et l'enfant à naître - © ljubaphoto - Getty Images

Selon des chercheurs de l'université Rutgers du New Jersey (Etats-Unis), les hommes ont eux aussi une horloge biologique. Faire des enfants au-delà de l'âge de 45 ans peut comporter des risques à la fois pour la mère et le futur enfant, avancent les scientifiques.

 

Les auteurs de l'étude ont basé leur analyse sur 40 ans de recherches consacrées à l'étude de la parentalité tardive et de ses effets sur la fertilité, la grossesse et la santé des enfants aux Etats-Unis. Parue en ligne dans la revue Maturitas, la méta-analyse établit un lien entre l'âge avancé du futur papa et un risque pour la santé du nourrisson et de la future mère.

Cette étude montre notamment qu'à partir de 45 ans et au-delà, les hommes qui procréent augmentent les risques de leur partenaire de développer des maladies liées à la grossesse telles qu'un diabète gestationnel, de l'hypertension (prééclampsie) ainsi qu'un accouchement prématuré.

Les conséquences pour le nouveau-né sont également non négligeables puisque l'étude mentionne une incidence plus élevée de crises convulsives et de malformations congénitales.

En grandissant, ces enfants présenteraient également des risques accrus de cancers infantiles, de troubles psychiatriques et d'autisme.

 

Bien que ces corrélations nécessitent toutefois des recherches plus approfondies, tempèrent les chercheurs, les risques mentionnés pourraient s'expliquer par une baisse naturelle de production de testostérone ainsi qu'à la dégradation de la qualité du sperme.

"Tout comme la force musculaire, la souplesse et l'endurance diminuent avec l'âge. Chez les hommes, les spermatozoïdes ont aussi tendance à perdre leur 'forme physique' au cours du cycle de vie", explique Gloria Bachmann, directrice de l'Institut de santé pour les femmes à l'Ecole Médicale de Rutgers Robert Wood Johnson et co-autrice de l'étude.

 

Renforcer la prévention chez les hommes

L'étude montre par ailleurs que les hommes plus âgés peuvent rencontrer des problèmes de fertilité, y compris avec des partenaires âgées de moins de 25 ans. Ces recherches s'avèrent particulièrement intéressantes dans la mesure où elles évoquent une baisse de fertilité liée à l'âge, largement abordée chez les femmes, mais beaucoup moins lorsqu'il s'agit de la gent masculine, note la Dre Bachmann :

"Alors que les femmes ont tendance à être plus conscientes et informées au sujet de leur santé reproductive, la plupart des hommes ne consultent pas les médecins à moins qu'ils n'aient un problème médical ou de fertilité."

La chercheuse recommande une sensibilisation (à l'image de celle s'adressant aux femmes) de la part des médecins à l'attention des hommes qui ont dépassé la trentaine à propos des possibles effets sur la grossesse de leur partenaire et sur la santé de leur future progéniture. 

Les auteurs de l'étude estiment par ailleurs que les hommes qui souhaitent retarder la paternité devraient envisager de mettre leur sperme dans une banque avant leur 35e anniversaire - ou au plus tard avant leur 45e anniversaire - afin de réduire les risques pour la santé de la mère et de l'enfant.