La mort subite de l’adulte toucherait 5 personnes sur 10.000 dans le monde

La mort subite toucherait des millions de personnes dans le monde par an. Comment la science explique-t-elle ce syndrome mortel ?

Le malaise de Christian Eriksen en plein match de l'Euro a choqué beaucoup de monde. Il n’avait jamais montré aucun problème cardiaque et les examens médicaux effectués n’ont pas (encore) réussi à trouver ce qui aurait pu causer ce malaise. Serait-ce un cas de mort subite ? Focus sur ce type de malaise encore peu connu.

Qu’est-ce que le syndrome de mort subite ?

Si le décès n’est pas causé par une maladie cardiaque et ne peut pas être expliqué, même après une autopsie, on parle alors de syndrome de mort subite, comme le définit la British Heart Foundation. Selon la fondation Coeur et recherche : "La mort subite cardiaque se définit comme une mort naturelle avec perte brutale de conscience dans l’heure qui suit le début des symptômes, chez un sujet ayant ou non une maladie cardiaque connue."

Chez les patients de moins de 35 ans, la cause la plus fréquente de mort subite d’origine cardiaque est "une arythmie fatale, généralement dans le contexte d’un cœur structurellement normal", selon un article de StatPearls. La personne fait de la fibrillation ventriculaire, son rythme cardiaque est trop rapide et ne peut plus faire fonctionner correctement le cœur et alimenter le cerveau puis il s’arrête subitement. Dans 97% des cas, la victime adulte décède de ce syndrome.

"Pour en réchapper, il faut un médecin dans la rue, un défibrillateur dans le métro, des coups de chance incroyable, un sauvetage en moins de trois minutes", comme l’explique le Pr Antoine Leenhardt, cardiologue qui a lancé une étude en 2019 sur ce phénomène.

Il est très difficile de trouver des chiffres précis sur le nombre de personnes touchées par la mort subite, en fonction des sources et des pays, on passe de 1 personne sur 1000 (France) à 5 personnes sur 10.000 (Royaume-Uni) ou encore à 0,7% de la population (USA). Selon une étude sur l’incidence globale estimée des morts subites inattendues dans le monde, elle peut représenter environ 10% de tous les décès classés comme " naturels ".

Qui risque un syndrome de mort subite ?

Les personnes atteintes du syndrome de mort subite semblent généralement en parfaite santé avant leur premier arrêt cardiaque. De plus, il n’y a souvent aucun signe ou symptôme visible.

Cependant, il existe certains facteurs de risque qui augmentent la probabilité de souffrir d’une mort subite, comme BHF nous l’explique.

  • Le sexe : les hommes sont plus susceptibles d’en subir que les femmes

  • L’origine : les personnes venant du Japon et de l’Asie du Sud-Est ont un risque plus élevé

  • Les maladies cardiaques non découvertes sur le patient : de nombreuses personnes souffrent de malformations ou d’autres syndromes rares qui ne sont pas diagnostiqués avant l’arrêt cardiaque. La cardiopathie par exemple, une maladie coronarienne, est la maladie sous-jacente la plus courante liée au syndrome de mort subite

En plus de ces facteurs de risque, certaines conditions médicales peuvent augmenter le risque, selon Healthline :

  • L’épilepsie : chaque année, une mort subite survient chez environ 1 personne sur 1000 ayant reçu un diagnostic d’épilepsie

  • Le traitement pour le trouble bipolaire : contenant du lithium, il peut causer un problème cardiaque entraînant la mort subite

Les signes d’une mort subite

Comme l’explique topdoctors, la mort subite ne montre aucun symptôme permettant une prise en charge avant l’arrêt du cœur. Cependant, certains signes peuvent aider à l’identifier rapidement :

  • perte de conscience
  • absence de réponse aux stimuli
  • arrêt respiratoire
  • perte du teint normal de la peau, virant au bleu violacé

Les bons gestes en cas d’arrêt cardiaque sont repris dans l’article : Que faire en cas d’accident cardiaque ? Les premiers gestes qui sauvent. De plus, si vous ne savez pas utiliser un défibrillateur, vous trouverez toutes les informations dans l’article : 17.000 défibrillateurs répertoriés en Belgique : "La seule chose que l’on risque, c’est de sauver une vie".