L'être humain continue d'évoluer : 30% ont une artère supplémentaire dans le bras

L'être humain continue d'évoluer : 30% ont une artère supplémentaire dans le bras
L'être humain continue d'évoluer : 30% ont une artère supplémentaire dans le bras - © Juanmonino - Getty Images

On ne se rend pas compte de l’évolution de l’être humain mais il continue d’avancer vers son futur petit à petit. Si nos ancêtres d’il y a quelques siècles étaient plus petits que nous, ils avaient également tous des dents de sagesse, ce qui tend à disparaître de plus en plus.

De subtils changements dans notre anatomie démontrent à quel point l’évolution peut être imprévisible et continue sans faire de vagues. Le dernier exemple en date est un vaisseau sanguin supplémentaire dans notre bras, ce qui, selon les tendances actuelles, pourrait être monnaie courante dans quelques générations selon cette étude publiée dans le Journal of Anatomy.

Des chercheurs de l’Université Flinders et de l’Université d’Adélaïde en Australie ont remarqué le changement. Lorsque le fœtus est dans l’utérus, une artère descend temporairement au centre de nos avant-bras et disparaît très souvent ensuite au fur et à mesure de la formation du bébé.

Ce n’est plus le cas, il reste maintenant de plus en plus présent à la naissance !

"Depuis le 18e siècle, les anatomistes étudient la prévalence de cette artère chez les adultes et notre étude montre qu’elle augmente clairement", explique l’anatomiste de l’Université Flinders Teghan Lucas. "La prévalence était d’environ 10% chez les personnes nées au milieu des années 1880 contre 30% chez celles nées à la fin du 20e siècle, c’est donc une augmentation significative sur une période assez courte, en ce qui concerne l’évolution."


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L’artère médiane que tous n’ont pas

L’artère médiane se forme assez tôt dans le développement chez tous les humains, transportant le sang vers le bout du bras pour nourrir nos mains en croissance. Vers 8 semaines, il régresse généralement, laissant la tâche à deux autres vaisseaux – le radial (que nous pouvons ressentir lorsque nous prenons le pouls d’une personne) et les artères ulnaires. Mais cette artère ne disparaît pas toujours, elle reste parfois un mois de plus dans le fœtus et certains naissent même avec.

Pour leur étude, Lucas et ses collègues Maciej Henneberg et Jaliya Kumaratilake de l’Université d’Adélaïde ont comparé les membres de 80 personnes nées dans la première moitié du 20e siècle. L’artère semble être trois fois plus courante chez les adultes aujourd’hui qu’elle l’était il y a plus d’un siècle ce qui est une découverte surprenante qui suggère que la sélection naturelle favorise ceux qui conservent cet apport sanguin supplémentaire.

"Cette augmentation pourrait résulter de mutations de gènes impliqués dans le développement médian des artères ou de problèmes de santé chez les mères pendant la grossesse, ou les deux en fait", explique Lucas.

Une artère qui n’est pas que positive

Une artère médiane pourrait donner aux doigts plus d’adresse et permettre aux avant-bras d’être plus puissants grâce un apport sanguin fiable et plus abondant. Pourtant, sa présence nous expose également à un plus grand risque de syndrome du canal carpien, une condition qui nous rend moins capables d’utiliser nos mains.

Déterminer les types de facteurs qui jouent un rôle dans les processus de sélection d’une artère médiane présente ou non nécessitera beaucoup plus de recherches mais, selon les chercheurs, il est probable que nous continuerons de voir de plus en plus d’artères médianes dans les années à venir : "Si cette tendance se poursuit, une majorité de personnes auront l’artère médiane de l’avant-bras d’ici 2100", explique Lucas.

Aussi petites que soient ces différences et ces évolutions, ces changements micro-évolutionnaires s’ajoutent à des variations à grande échelle qui définissent notre espèce.