L'arythmie cardiaque pourrait être liée à un risque accru de démence

 

Cette étude, menée par des chercheurs du Karolinska Institute et de l'Université de Stockholm en Suède, et publiée dans la revue Neurology, s'est intéressée à 2.685 participants âgés en moyenne de 73 ans, suivis pendant six années.

Aucun des participants ne souffrait de démence en début d'étude, mais les différents examens ont montré que 243 sujets, soit 9%, souffraient de fibrillation atriale.

Les participants ont aussi subi des tests pour évaluer leurs facultés cognitives et leur mémoire.

 

Les résultats ont montré que les participants qui souffraient de fibrillation atriale enregistraient un déclin plus rapide de la pensée et des facultés de mémoire que les personnes en bonne santé.

De plus, les sujets atteints de fibrillation atriale étaient aussi plus susceptibles (+40%) de développer des symptômes de démence. 

Les résultats ont par ailleurs montré que chez les sujets atteint de fibrillation atriale, ceux qui prenaient des anticoagulants, aussi appelés fluidifiants du sang, pour soigner leur maladie, voyaient leur risque de démence baisser de 60% par rapport aux personnes qui ne prenaient pas ce type de traitements. En revanche, les traitements antiagrégants, comme l'aspirine par exemple, ne semblaient pas produire d'effets positifs.

 

"La gêne de la circulation sanguine causée par la fibrillation atriale peut affecter le cerveau de plusieurs manières", a expliqué l'auteur Chengxuan Qiu. "Nous savons qu'avec l'âge, le risque de développer une fibrillation atriale augmente, tout comme le risque de démence. Nos recherches ont montré un lien clair entre les deux et ont trouvé que la prise d'anticoagulants pourrait en réalité abaisser le risque de démence."

"En supposant qu'il y ait un lien de cause à effet entre la prise de fluidifiants sanguins et un risque réduit de démence, nous avons estimé qu'environ 54% des cas de démence auraient pu être hypothétiquement évités si toutes les personnes atteintes de fibrillation atriale avaient pris des anticoagulants", a ajouté le professeur Qiu.

"Il faudrait faire des efforts supplémentaires pour augmenter la prise de fluidifiants sanguins chez les personnes plus âgées atteintes de fibrillation atriale."

 

D'autres recherches récemment publiées ont par ailleurs montré que l'exercice, le fait de garder un poids normal, et l'amélioration de la qualité du sommeil pourraient aussi aider à réduire le risque de fibrillation atriale.