Diagnostiquer l'endométriose aussi facilement qu'une grossesse ? Une scientifique anglaise planche sur le sujet

Diagnostiquer l'endométriose aussi facilement qu'une grossesse ? Une scientifique anglaise planche sur le sujet.
Diagnostiquer l'endométriose aussi facilement qu'une grossesse ? Une scientifique anglaise planche sur le sujet. - © Oscar Wong - Getty Images

Une chercheuse anglaise développe actuellement un test visant à détecter les cas d'endométriose. Similaire à un test de grossesse, ce futur dispositif vise une meilleure prise en charge de la maladie grâce à un diagnostic plus précoce. Car encore aujourd'hui, il faut plus de 7 ans pour diagnostiquer en moyenne l'endométriose.

Fortement médiatisée depuis ces dix dernières années, l'endométriose est une maladie gynécologique qui touche 150 millions de femmes dans le monde. Négligée par la recherche médicale pendant des siècles, cette pathologie complexe est provoquée par la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus, ce qui peut se traduire par des douleurs chroniques de faible à forte intensité, selon les patientes.

Plus de 7 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic !

Encore aujourd'hui, il faut compter 7 ans et demi en moyenne entre l'apparition des symptômes et le diagnostic définitif. Une période d'errance médicale au cours de laquelle les femmes subissent des douleurs qui peuvent s'avérer très handicapantes au quotidien. 

Pour détecter plus vite la maladie, la Dre Barbara Guinn, chercheuse en sciences biomédicales à l'université de Hull (Angleterre) travaille depuis 2018 sur un projet de test qui permettrait d'obtenir un diagnostic quasiment instantané, à l'image de ceux utilisés pour détecter une grossesse. 

"Nous avons obtenu une bourse de doctorat entièrement financée par l'Université de Hull. Leah Cooksey, désormais en troisième année de doctorat et qui étudie l'impact de l'hypoxie sur les cellules endométriales a intégré mon équipe", explique Barbara Guinn.

Détecter tôt pour mieux traiter

Les outils utilisés aujourd'hui pour déceler l'endométriose sont principalement des examens de radiologie, tels que des échographies endo-vaginale ou endo-pelvienne.

Désireuse de concevoir un test plus rapide et plus pratique, la Dre Barbara Guinn mise sur la méthode de l'immunothérapie, grâce à une protéine de l'organisme qui indiquerait la présence de l'endométriose.

"Nous en sommes actuellement à la phase où nous essayons  de créer un modèle d'hypoxie (manque d'apport en oxygène dans les tissus de l'organisme) précoce en laboratoire à l'aide d'une machine appelée "chambre d'hypoxie. Nous utilisons des cellules endométriales immortalisées et les soumettons à de très faibles tensions d'oxygène. L'utérus a normalement un niveau d'oxygène d'environ 5% mais lorsque les cellules endométriales se déplacent vers l'abdomen, la tension d'oxygène chute à environ 1%. Nous cherchons à déterminer quel effet ce nouvel environnement dans l'abdomen produit sur le comportement des cellules", détaille la scientifique. 

S'il faudra probablement attendre encore quelques années avant que ce projet ne voie le jour, cette piste de traitement souligne la nécessité d'établir un diagnostic plus précoce de la maladie pour une meilleure prise en charge.

Dans les formes les plus sévères d'endométriose et généralement après des années de souffrance, des interventions chirurgicales peuvent être pratiquées afin d'enlever des kystes et les lésions provoquées par la maladie. Toutefois, ce type d'opération ne garantit pas l'absence de récidive. À ce jour, il n'existe aucun remède définitif à l'endométriose.