Des scientifiques explorent notre microbiote intime pour déceler l'origine des infections vaginales

Des scientifiques explorent notre microbiote intime pour déceler l'origine des infections vaginales.
Des scientifiques explorent notre microbiote intime pour déceler l'origine des infections vaginales. - © teksomolika - Getty Images/iStockphoto

Et si les infections du vagin provenaient du microbiome du pénis et étaient transmises pendant l’acte sexuel ? Une recherche scientifique s’est penchée sur la question.

La vaginose bactérienne est une infection qui touche plus de 20% de femmes à travers le monde. Provoquée par un déséquilibre de la flore vaginale, cette infection peut augmenter le risque de naissance de bébé prématuré lorsqu’elle est subie pendant la grossesse.

Bien que des études antérieures suggèrent fortement que les microbiomes reproducteurs des partenaires pourraient être échangés dans la vaginose bactérienne, la piste selon laquelle le microbiote pénien pourrait être à l’origine de cette infection n’a, à ce jour, pas été suffisamment explorée.

Pour y remédier, des scientifiques de l’université de l’Illinois à Chicago ont comparé ici le microbiote de 168 couples hétérosexuels originaires du Kenya. Au début de l’étude, aucune des participantes n’avaient de vaginose mais un an plus tard, plus de 31% des femmes en ont développé une. Les résultats ont été publiés dans la revue Frontiers in Cellular and Infection Microbiology.

Des bactéries péniennes transmises au cours des rapports sexuels ?

Les résultats de l’étude suggèrent l’existence d’un lien entre la composition globale du microbiote d’un homme et l’apparition de la vaginose bactérienne chez sa partenaire féminine plus tard dans l’année.

Deux scénarios sont envisagés.

Soit les bactéries trouvées dans le microbiome de certains hommes sont directement transmises au vagin lors de rapports sexuels.

Soit les bactéries péniennes contribuent à une perturbation globale de l’équilibre naturel du microbiome vaginal qui induit une vaginose bactérienne à long terme.

Des études supplémentaires seront nécessaires pour éclaircir ce mécanisme, estiment les auteurs de l’étude.

"J’aimerais que les cliniciens, les chercheurs et le grand public incluent les partenaires masculins dans leurs efforts pour améliorer la santé reproductive des femmes. Il ne s’agit pas de rejeter la responsabilité sur l’un ou l’autre des partenaires mais d’accroître les options et les possibilités d’amélioration de la santé génésique et, espérons-le, de réduire la stigmatisation liée à la vaginose bactérienne", souligne la Dre Supriya D. Mehta, épidémiologiste à l’Université de l’Illinois à Chicago et autrice principale de l’étude.