Des chercheurs ont étudié les possibilités de préserver la fertilité des femmes transgenres

Des chercheurs ont étudié les possibilités de préserver la fertilité des femmes transgenres.
Des chercheurs ont étudié les possibilités de préserver la fertilité des femmes transgenres. - © itakdalee - Getty Images/iStockphoto

Des chercheurs américains ont suivi plusieurs personnes transgenres afin de déterminer si la production de sperme viable était possible plusieurs mois après la prise d'un traitement hormonal.

 

Un homme qui souhaite réaliser une transition vers un corps de femme par hormonothérapie sera-t-il encore en mesure de produire du sperme viable s'il interrompt son traitement? C'est la question posée par des chercheurs de l'hôpital pour enfants UPMC de Pittsburgh (Etats-Unis) et de l'Institut de recherche Magee-Womens (IRMW).

"Pour l'instant, il n'y a pas beaucoup d'informations disponibles sur la préservation de la fertilité chez les patients transgenres", note Hanna Valli-Pulaski, professeure adjointe de recherche à l'IRMW et autrice principale de l'étude. 

 

Pour ces recherches, des données ont été recueillies rétrospectivement sur des patientes transgenres cherchant à préserver leur fertilité entre 2015 et 2018, issues du Programme de préservation de la fertilité à Pittsburgh. 

Les auteurs de l'étude ont examiné les dossiers médicaux de deux femmes transgenres qui ont essayé de préserver leur sperme après l'arrêt de leur hormonothérapie et ont comparé la qualité de leur sperme à celui de 8 autres femmes transgenres qui ont choisi de préserver leur sperme avant de commencer le traitement.

 

La durée optimale d'interruption du traitement reste à déterminer

L'une des patientes qui a choisi de conserver son sperme après le début du traitement a pris du Lupron pendant six mois, un médicament qui bloque le développement des hormones sexuelles. Cette dernière a choisi d'arrêter de prendre le Lupron pour tenter de faire congeler son sperme.

5 mois plus tard, elle a pu produire un échantillon de sperme comparable à celui recueilli auprès des femmes transgenres qui avaient conservé leur sperme avant de suivre leur traitement.

La deuxième patiente de cette étude prenait de l'estradiol (hormone sexuelle féminine) et de la spironolactone (stéroïde qui diminue le taux de l'hormone androgène dans le corps) depuis plus de deux ans. Quatre mois après l'arrêt du traitement, elle était toujours incapable de produire du sperme viable. C'est à ce moment précis qu'elle a décidé de cesser d'essayer de préserver sa fertilité et de procéder à une opération de changement de sexe.

 

"La cryoconservation du sperme est une méthode viable de préservation de la fertilité chez les adolescents et les jeunes adultes transgenres et peut être envisagée chez les patients qui ont déjà commencé un traitement contre la dysphorie de genre. D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer la durée optimale pendant laquelle ces traitements devraient être interrompus afin de faciliter la réussite de la cryoconservation du sperme", concluent les auteurs de l'étude.