Dépistage du cancer de la prostate : des scientifiques développent un test urinaire à faire chez soi

Avec ce dispositif, les scientifiques espèrent faciliter ce moment délicat pour les hommes et leur éviter de subir des tests de dépistage intrusifs, tels qu'un examen de toucher rectal.
Avec ce dispositif, les scientifiques espèrent faciliter ce moment délicat pour les hommes et leur éviter de subir des tests de dépistage intrusifs, tels qu'un examen de toucher rectal. - © twinsterphoto / Istock.com

Des médecins anglais ont mis au point un test urinaire pour dépister le cancer de la prostate à réaliser à domicile.

Avec ce dispositif, les scientifiques espèrent faciliter ce moment délicat pour les hommes et leur éviter de subir des tests de dépistage intrusifs, tels qu’un examen de toucher rectal.

 

Un cancer agressif ou à faible risque

Alors que le mouvement Movember consacré à la santé masculine touche à sa fin, des chercheurs de l’université East Anglia (UEA) et du Norfolk and Norwich University Hospital (Angleterre) présentent un nouveau test pour dépister le cancer de la prostate.

Baptisé "PUR" (Prostate Urine Risk), le test se présente sous forme de kit de collecte. Dans cette étude publiée dans la revue BioTechniques, les médecins expliquent qu’il suffira au patient de recueillir son urine depuis son domicile pour évaluer ses risques de développer le cancer de la prostate, qui représente la forme de cancer la plus fréquente chez les hommes.

"Ce test examine l’expression des gènes dans les échantillons d’urine et fournit des informations vitales sur le caractère agressif ou le "faible risque" d’un cancer. Parce que la prostate est constamment sécrétée, la collecte d’urine de la première miction des hommes de la journée signifie que les niveaux de biomarqueurs de la prostate sont beaucoup plus élevés et plus constants, ce qui représente une grande amélioration", explique le Dr Jeremy Clark, chercheur à la faculté de médecine de l’UEA et co-auteur de l’étude.

 

Un meilleur confort

Afin d’évaluer le degré d’efficacité du test PUR, les chercheurs ont recruté 14 hommes à qui ils ont fait passer des examens médicaux par toucher rectal, l’une des principales méthodes visant à détecter le cancer de la prostate (avec les analyses sanguines, l’examen IRM et la biopsie). Les participants sont ensuite rentrés à leur domicile, où ils ont dû faire le test PUR pour une seconde évaluation de leurs risques de développer un cancer de la prostate.

Les scientifiques ont comparé les résultats obtenus à l’issue de ces deux tests. "Nous avons constaté que les échantillons d’urine prélevés à domicile montraient les biomarqueurs du cancer de la prostate beaucoup plus clairement qu’après un examen rectal.

Et les commentaires des participants ont démontré que les patients préfèrent réaliser le test à domicile", observe le Dr Clark.

 

Jusqu’à 5 ans d’avance sur le traitement

Ce nouveau dispositif pourrait également permettre d’évaluer le niveau d’agressivité du cancer et donc aider à déterminer jusqu’à cinq ans plus tôt que les méthodes cliniques standards si les patients auront besoin ou non d’un traitement. "Cela signifie qu’un test négatif pourrait permettre aux hommes de subir un nouveau test que tous les deux ou trois ans, ce qui réduirait le stress pour le patient et la charge de travail à l’hôpital", souligne le Dr Clark.

"C’est une avancée très enthousiasmante, car ce test nous donne la possibilité d’éviter à beaucoup d’hommes des examens inutiles", renchérit le deuxième auteur de l’étude Robert Mills, chirurgien consultant en urologie au Norfolk and Norwich University Hospital.

Si la date de disponibilité du test PUR n’est pas encore connue, les auteurs de l’étude espèrent toutefois pouvoir "bientôt" le commercialiser.