Dans les pays en développement, les femmes victimes de violences conjugales sont plus réticentes à allaiter

Dans les pays en développement, les femmes victimes de violences conjugales sont plus réticentes à allaiter.
Dans les pays en développement, les femmes victimes de violences conjugales sont plus réticentes à allaiter. - © hedgehog94 - Getty Images/iStockphoto

Selon une étude anglaise menée dans plus de 50 pays d’Afrique, d’Amérique, d’Europe de l’Est et d’Asie du Sud-Est, les mères victimes de violences conjugales sont 12% moins susceptibles de donner le sein dans l’heure qui suit la naissance du bébé.

Menée par des chercheurs de l’université de Warwick (Angleterre), l’étude se base sur les données d’enquêtes démographiques et sanitaires menées dans 51 pays à revenu faible et moyen (dont la moitié en Afrique), de janvier 2000 à janvier 2019.

Ces bases de données portent sur plusieurs aspects, notamment la santé maternelle et les violences physiques, sexuelles et émotionnelles infligées aux femmes. Les résultats standardisés ont permis aux chercheurs d’établir des estimations globales pour l’ensemble des pays étudiés.

"Il s’agit de la plus grande étude menée dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sur l’exposition des mères aux trois formes de violence connues (physique, sexuelle ou émotionnelle) et ses liens avec les pratiques d’allaitement au sein ", précise le Dr Rishi Caleyachetty de la Warwick Medical School, qui a supervisé les travaux.

Au fil de leurs recherches, les auteurs de l’étude ont constaté que les mères victimes de violence familiale étaient 12% moins susceptibles de donner le sein une heure après la venue au monde de leur enfant et 13% moins enclines d’allaiter leur nourrisson exclusivement au sein au cours des six premiers mois suivant la naissance.

 

Près d’une femme sur trois est victime de violences physiques ou sexuelles

"D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre pourquoi les mères victimes de violences familiales sont moins disposées à allaiter."

"Une mère qui subit des violences est plus susceptible d’être déprimée et, par conséquent, peut ne pas avoir accès aux services de santé et de soutien ou manquer de confiance en elle", explique le Dr Uthman.

La violence domestique peut impliquer des abus physiques ou sexuels, des viols ou des abus émotionnels et constitue un problème de santé majeur au niveau mondial. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, 35% des femmes indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie.

"La priorité des professionnels de santé qui travaillent avec les femmes enceintes est d’identifier celles qui ont été victimes de violence familiale et de leur offrir un soutien adapté aux pratiques d’allaitement. La violence domestique à l’égard des femmes est un problème mondial et les conclusions de cette étude pourraient être appliquées non seulement dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, mais également dans le monde entier", souligne le Dr Caleyachetty, qui a dirigé l’étude, parue dans Plos Medicine.