Comment les réseaux sociaux contribuent à briser le tabou autour des fausses couches

Comment les réseaux sociaux contribuent à briser le tabou autour des fausses couches.
Comment les réseaux sociaux contribuent à briser le tabou autour des fausses couches. - © MangoStar_Studio - Getty Images/iStockphoto

Des chercheuses américaines ont exploré la manière dont les femmes qui ont subi des fausses couches partagent leur expérience sur les réseaux sociaux.

Bien qu'entre 10 et 20% des grossesses risquent de conduire à la perte du fœtus, en parler librement et trouver un soutien auprès de la famille ou de la sphère médicale est loin d'être évident pour de nombreuses femmes. Dans une publication du journal Obstetrics & Gynecology, deux chercheuses américaines expliquent comment le réseau Instagram et les plateformes sociales en général, ont contribué à faire bouger les lignes.

Instagram pour libérer la parole

Afin d'en savoir plus sur ce que les femmes et les hommes partageaient au sujet des fausses couches, la Pre Riley a fait équipe avec Rebecca Mercier pour mener une recherche à partir d'Instagram. Leur étude se base sur du texte, des photos, des hashtags et des emoji issus de 200 publications étalées sur 5 jours. Les posts sélectionnés décrivaient une expérience personnelle de fausse couche et étaient estampillés du hashtag #ihadamiscarriage

Les femmes partagent leur expérience sur les médias sociaux notamment pour trouver du soutien et aider à briser le silence entourant les fausses couches, indique la recherche. 

Les autrices de l'étude qualifient le contenu des messages analysés comme des états émotionnels "complexes" et "souvent conflictuels": "Ce qui m'a le plus surprise, c'est le nombre de femmes et de partenaires qui se sont identifiés comme parents après leur fausse couche et la façon dont cette épreuve a perduré dans leur identité familiale après une grossesse menée à terme".

Comprendre et accompagner le deuil

"La mesure dans laquelle cette perte affecte les femmes et leur famille et la longévité de leur deuil est un angle mort pour les cliniciens", constate la Dre Riley.

"J'espère que cette étude encouragera le personnel médical à orienter les patients vers les médias sociaux comme outil d'adaptation potentiel et à aborder le sujet avec plus de respect et d'empathie", renchérit la Dre Mercier.

"Pour autant que nous le sachions, il s'agit de la première étude portant sur l'intersection d'Instagram et de la fausse couche. Mais c'est une goutte d'eau dans la mer. Les plateformes de médias sociaux évoluent rapidement et la recherche théorique doit suivre", concluent les chercheuses.