Comment éviter les allergies alimentaires ?

Allergies alimentaires : comment les éviter ?
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Allergies alimentaires : comment les éviter ? - © piotr_malczyk - Getty Images/iStockphoto

Les allergies alimentaires sont de plus en plus courantes de nos jours. Les experts tentent de décrypter la raison de cette augmentation et surtout, de comprendre si l’on peut diminuer les allergies alimentaires avant la naissance et dans les premiers mois de la vie.


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Selon les experts, il faudrait présenter une large gamme d’ingrédients au bébé dès l’âge de 4 mois. "Si vous avez un petit bébé atteint d’eczéma précoce et que les parents mangent des arachides sans se laver les mains puis manipulent le bébé, le bébé peut entrer en contact avec l’arachide à travers la peau blessée", explique Amena Warner à la BBC, chef des services cliniques à Allergy UK. Lorsque l’enfant mange alors la nourriture, le système immunitaire le perçoit comme une menace et attaque.

C’est pourquoi, en particulier pour les enfants atteints d’eczéma, les experts expliquent : une gamme variée d’aliments doit être introduite par le sevrage à partir de l’âge de trois ou quatre mois environ.

"Il y a cette fenêtre d’opportunité dans les premières années pour établir la tolérance"

Comme l’explique Alexandra Santos, professeure agrégée en allergie pédiatrique au King’s College de Londres. Elle a participé à une étude démontrant que l’introduction d’arachides entre quatre et 11 mois donnait aux enfants de cinq ans un risque d’allergie aux arachides 80% plus faible.

Au Danemark, dans un autre type d’allergie, il a été prouvé que plus vous avez de chats et de chiens, moins vous êtes susceptible d’avoir un trouble allergique. Donc la proximité avec de potentiels allergènes dès la petite enfance serait une solution.

Pendant la grossesse

Il semblerait que la consommation d’arachides pendant la grossesse pourrait protéger encore plus les enfants. Mais les experts ne savent pas encore expliquer le lien ni la mesure entre l’environnement prénatal et le développement des allergies.


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En 2000, l’American Academy of Pediatrics mettait en garde les femmes contre la consommation d’arachides pendant la grossesse. En 2008, cependant, après qu’un large éventail d’études n’ait pas réussi à trouver un lien concluant entre le régime prénatal et les allergies alimentaires, l’Académie a changé de cap et a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve convaincante que les femmes enceintes devraient éviter ou favoriser les allergènes potentiels. Le public est donc perdu.

Les allergies, l’environnement et les gènes

Le fait que les allergies alimentaires varient selon l’environnement est prouvé par l’absence d’allergies aux arachides dans les pays où la population mange peu d’arachides : l’étude EuroPrevall, qui a enquêté sur les influences environnementales, diététiques et génétiques sur l’allergie alimentaire à travers l’Europe, a révélé que l’allergie aux arachides en Grèce, où ils mangent très peu d’arachide, était de 0%.

Alexandra Santos explique que lorsque les gens émigrent, ils sont plus vulnérables que les indigènes aux allergies alimentaires probablement à cause de la différence de leurs gènes. Plus ils émigreront tôt, plus ils seront vulnérables.

La vitamine D en cause dans les allergies ?

Une autre piste de réflexion pourrait être la vitamine D. Souffrons-nous de taux d’allergies alimentaires plus élevés parce que nous passons de plus en plus de temps à l’intérieur ce qui nous prive de vitamine D, qui joue un rôle important dans le développement des mécanismes immunorégulateurs ?

Cependant, les preuves sont ambiguës. Certaines études ont démontré un lien entre la vitamine D et le risque d’allergie alimentaire modifiée mais des chercheurs allemands ont trouvé un lien positif entre les niveaux maternels de vitamine D et le risque d’allergie alimentaire de l’enfant avant l’âge de deux ans.

Une autre étude allemande a révélé que les nourrissons avec des taux de vitamine D plus élevés à la naissance étaient plus susceptibles d’avoir développé une allergie alimentaire à l’âge de trois ans. Ce que Kari Nadeau, spécialiste des allergies à l’Université de Stanford, résume : "Trop peu de vitamine D et trop de vitamine D sont problématiques."