Ces barrières routières pourraient protéger les piétons de la pollution

En observant son fils jouer avec ses petits camarades dans la cour de son école (située à proximité d'un axe routier), Tilly Collins, chercheuse au Centre de politique environnementale de l'Imperial College de Londres, a commencé à s'inquiéter de l'avenir des enfants qui vivent sur une planète aussi polluée.

Le dispositif renvoie les particules fines vers la route

En poursuivant ses recherches, la Dre Collins a réalisé que les particules fines émanant des véhicules se logeaient ensuite le long des murs, rendant ainsi plus vulnérables les piétons ou, en l'occurrence, les écoliers. Elle et son collègue Huw Woodward ont commencé à chercher quels types d'aménagements urbains pourraient atténuer et améliorer la qualité de l'air pour les passants. 

Pour aboutir à leur projet de barrières "anti-pollution", ils se sont inspirés de la forme incurvée des déflecteurs d'air que l'on trouve sur les avions ou encore des murs antibruit disposés le long des autoroutes, comme c'est le cas en Allemagne et aux Pays-Bas. 

Bien qu'il n'en soit qu'au stade de prototype, ce type d'aménagement urbain spécialement pensé pour protéger les piétons de la pollution constituerait une grande première.

Le fonctionnement est plutôt simple : les structures incurvées des barrières permettraient de disperser et de renvoyer plus efficacement les polluants vers les routes, ce qui aurait pour effet d'améliorer très rapidement et à moindre coût la qualité de l'air pour les piétons.

Pollution de l'air : des millions de décès prématurés chaque année

"La pollution de l'air dans les villes affecte de manière disproportionnée les enfants et les personnes vivant dans des zones économiquement défavorisées à proximité de routes très fréquentées. Les murs sont efficaces pour dévier les particules mais l'ajout de dispositifs de mise en forme, que ce soit au stade de la conception ou de la modernisation, améliore les performances", arguent les chercheurs, qui publient les résultats de leurs travaux dans la revue Cities & Health.  

Au-delà de la qualité de l'air, ces barrières incurvées atténueraient également la pollution sonore et pourraient servir d'échafaudages servant à développer les infrastructures vertes dans les grandes villes, souligne l'étude.

Selon une récente étude réalisée par des chercheurs d'Harvard, la pollution de l'air liée à la combustion d'énergies fossiles serait responsable de 6,7 millions de décès prématurés dans le monde en 2018.