Cancers: un nouveau marqueur identifié pour prédire l'efficacité de l'immunothérapie

Cancers: un nouveau marqueur identifié pour prédire l'efficacité de l'immunothérapie.
Cancers: un nouveau marqueur identifié pour prédire l'efficacité de l'immunothérapie. - © aldomurillo - Getty Images

De petites structures autour des tumeurs jouent un rôle important dans la réponse immunitaire aux cancers et pourraient aider à prédire l'efficacité des traitement par immunothérapie, ont mis en évidence plusieurs équipes de chercheurs.

Une minorité de patients

Les médicaments d'immunothérapie, qui cherchent à déclencher une réponse immunitaire du corps contre les cellules cancéreuses, ont bouleversé la prise en charge des cancers depuis quelques années. Mais ils ne sont souvent efficaces que chez une minorité de patients (25% en moyenne), avec de fortes disparités d'un type de cancer à l'autre.

Identifier des marqueurs prédisant la réponse à ce type de traitements est donc un enjeu primordial, notamment pour éviter d'exposer inutilement des patients à leur toxicité.

Jusqu'à aujourd'hui, cette stratégie se focalisait essentiellement sur les lymphocytes T, les globules blancs chargés de reconnaître et d'attaquer les cellules infectées ou cancéreuses.

Un nouveau marqueur

Mais trois études publiées  dans la revue scientifique Nature concluent que des cellules dans l'environnement immédiat des tumeurs, appelées structures lymphoïdes tertiaires (SLT), pourraient aussi être de bons marqueurs de l'efficacité de l'immunothérapie. Ces cellules, qui ne sont pas présentes dans toutes les tumeurs, sont riches en lymphocytes B, les globules blancs qui produisent les anticorps.

En analysant 600 tumeurs de patients atteints de sarcome des tissus mous, les chercheurs ont observé qu'une "réponse immunitaire antitumorale s'initiait" au sein de ces structures. 

Cela montre "que les lymphocytes B pourraient jouer un rôle antitumoral", soulignent l'Inserm, l'Université de Paris et l'université de la Sorbonne.

Plus que spectateurs

Ces résultats changent la perception du rôle des lymphocytes B dans l'immunothérapie, souligne Beth Helmink, chirurgienne oncologue.

"Les lymphocytes B contribuent eux-mêmes, de façon significative, à la réponse immunitaire antitumorale", déclare-t-elle.

Cette découverte constitue une surprise car l'abondance de lymphocytes B est parfois vue comme un signe de mauvais pronostic chez les patients atteints d'un cancer. Une autre étude a permis d'étendre ces observations au mélanome et au cancer du rein.

Une immunothérapie plus efficace?

Ces travaux "pourraient être utilisés pour améliorer l'efficacité de l'immunothérapie du cancer chez tous les patients", estime Lawrence Young.

On ne sait pas pourquoi ces structures se forment dans certaines tumeurs et pas dans d'autres, ni quel est le rôle exact des lymphocytes B dans le succès de l'immunothérapie.

Ces résultats pourraient aider à choisir quels patients seront traités par immunothérapie "grâce à un simple test permettant d'identifier ceux ayant des tumeurs immunologiquement riches".

A terme, la recherche pourrait permettre à davantage de patients de bénéficier de l'immunothérapie, "en mettant au point un traitement qui augmente la formation des SLT", espère Goran Jonsson.