Cancer : où en sont les recherches à l'UCL sur la prévention des métastases ?

L'annonce de cette découverte avait fait grand bruit à l'époque, et l'article de nos confrères de RTBF INFO ne cesse d'être lu et relu.

On pouvait y apprendre qu'au cours de recherches sur les capacités qu'ont les cellules tumorales à faire des métastases et à s'étendre à d'autres tissus ou organes sains, le Professeur Pierre Sonveaux et son équipe avaient fait une découverte intéressante en employant une molécule mise au point par un labo étranger et étudiée à l’origine pour soigner de la maladie de Parkinson et les hépatites.

Ce qu'ils ont remarqué au cours de leurs travaux, c'est que cette molécule, portant le nom de MitoQ, a la capacité de stopper la dissémination des métastases. En d'autres termes, elle évite que le cancer ne se généralise.

Encore au stade expérimental (il n'y a pas eu d'essai clinique sur l'homme, mais bien sur des souris), ce n'est pas un traitement qui guérit du cancer, mais qui bloque et/ou retarde l'avancée de la maladie, ce qui pourrait, par exemple, donner plus de temps aux oncologues pour explorer plus de pistes afin d'aboutir à une rémission. 

Depuis cette découverte rendue publique il y a deux ans via la prestigieuse revue scientifique Cell Report, Pierre Sonveaux s'est attelé durant à récolter les fonds pour poursuivre ses travaux. En effet, avoir un certain budget est pourtant une des conditions essentielles pour faire avancer tout type de recherche. C'est grâce au FNRS (en particulier au Télévie) et à la Fondation Louvain qu'il a pu trouver les fonds nécessaires.

Grâce à cet apport financier, il a pu agrandir son équipe de collaborateurs afin de poursuivre ses travaux autour de la molécule MitoQ, mais pas que... Il mène à présent ses recherches sous deux aspects :
- Le premier : explorer un maximum les actions et effets du MitoQ dans le but d'arriver à l'étape des essais cliniques. Pour ce faire, des tests sont en cours pour déterminer les types de cancers sur lesquels le MitoQ fait effet, quelle est la dose optimale de MitoQ à administrer afin qu'elle n'entrave pas les traitements anticancéreux conventionnels (chimiothérapie et radiothérapie), et vérifier que cette molécule ne donne pas trop d'effets secondaires. On parle ici de déterminer une fenêtre thérapeutique. Ils ont déjà étudié des combinaisons avec 3 formes de chimiothérapie avec lesquels le MitoQ semble compatible, toujours chez la souris. Les recherches se poursuivent donc...

- Le second : suite à la publication de ses recherches, le professeur Pierre Sonveaux a été contacté par une PME belge qui détient une molécule ayant des propriétés similaires à celles du MitoQ, à savoir de stopper la dissémination des métastases vers les tissus sains. Celle-ci a accepté de la mettre à la disposition de l'équipe de Monsieur Sonveaux. Le développement de cette molécule est également financé par la Région Wallonne. Le but : obtenir des résultats probants sur des souris afin de débloquer les fonds encore plus importants pour enfin, à terme et si tout se passe bien, effectuer des essais cliniques, sur l'homme.

En résumé, ce qu'il faut retenir de ces avancées, c'est qu'elles sont destinées avant tout à mettre sur pied un traitement qui concerne les personnes déjà atteintes d'un cancer. Il vise à ralentir ou à stopper la progression de la maladie. Mais ces travaux de recherches prennent du temps et demandent de gros investissements. L'apport financier du FNRS, dont Pierre Sonveaux est l'un des chercheurs qualifiés, du Télévie, de la Fondation belge contre le Cancer et de la Fondation Louvain ne sont pas suffisant et les dons venant du privé ou d'œuvres caritatives sont plus que nécessaires. Plus il y a de budget, plus les recherches et progrès avancent, et plus vite ! L'argent est donc aussi le nerf de la recherche, à présent.

Si vous désirez aider le Professeur Pierre Sonvaux et son équipe pour permettre de progresser dans ce domaine, il vous est possible de faire un don ici. Le tout leur sera intégralement reversé au recherches de son équipe.