Boire de l'alcool modifie la façon dont nos souvenirs se forment au niveau moléculaire

Boire de l'alcool modifie la façon dont nos souvenirs se forment au niveau moléculaire
Boire de l'alcool modifie la façon dont nos souvenirs se forment au niveau moléculaire - © bernardbodo - Getty Images/iStockphoto

D'après une étude menée par Karla Kaun de l'Université de Brown aux Etats-Unis, parue dans le journal Neuron, quelques verres d'alcool en soirée changent la façon dont nos souvenirs se forment au niveau moléculaire.

Pourquoi on continue à boire de l'alcool malgré les gueules de bois?

Pour cette recherche, la professeure Karla Kaun, accompagnée d'une équipe de chercheurs, a décidé d'étudier la façon dont les molécules et gènes réagissent face à la conservation des souvenirs liés au mécanisme de récompense.

L'idée d'une telle étude vient d'un questionnement simple de la chercheuse: pourquoi les individus s'obstinent à reconsommer des produits qui ont pourtant un effet désagréable sur leur corps et leur esprit? La prise de drogues dures et douces (opiacés, alcool...) engendre souvent des états de mal-être plus ou moins intenses: nausées, vomissements, maux de tête, veisalgie... Pourquoi ne se souvient-on que des bonnes choses à propos de ces produits, et pas des mauvaises?

 

C'est la faute de Notch

Les recherches ont été effectuées sur des mouches à vinaigre (fruit flies). Pour ces recherches, les mouches étaient formées à trouver de l'alcool pendant que les chercheurs étudiaient la façon dont les gènes réagissaient et quelle protéine était responsable de ce mécanisme de récompense.

Les chercheurs ont premièrement trouvé les molécules qui se modifient lorsque l'envie (d'alcool, de drogue...), voire le manque se dessine. Une première étape qui pourrait bénéficier aux personnes addicts permettant ainsi de réduire l'intensité des souvenirs agréables reliés à la drogue en question.

D'après les recherches, l'une des protéines responsables de l'attrait des mouches pour l'alcool se prénomme "Notch". Notch est la première molécule d'un ensemble moléculaire, ayant un rôle dans le développement de l'embryon, et le développement du cerveau.

 

La dopamine aussi

Les chercheurs ont également réalisé que le gène nommé récepteur dopaminergique D2 était affecté par l'alcool. Ce gène produit une protéine qui reconnaît la dopamine, un neurotransmetteur du bien-être connu pour être impliqué dans le codage de souvenirs agréables.

Dans le cadre de l'étude concernant les souvenirs de récompense liés à l'alcool, les chercheurs ont réalisé que la signalisation moléculaire n'était pas modifiée et que la dopamine n'était ni diminuée ni augmentée. L'équipe a en revanche constaté que la version de la protéine fabriquée était modifiée très subtilement.